Ces jours-ci, les chefs de parti font la file devant l’hôtel de ville de Montréal. Ne vous trompez pas, c’est aussi le cas à l’hôtel de ville de Québec. Les maires Denis Coderre et Régis Labeaume s’adonnent à un genre d’audition papale. Ils font part de leurs priorités aux candidats au poste de premier ministre du Canada.

Les stratégies diffèrent. Le maire de Montréal a choisi de présenter une liste exhaustive qui recoupe non seulement les demandes municipales, mais aussi des préoccupations plus larges comme le financement de Radio-Canada et une commission d’enquête sur les femmes autochtones. Les demandes vont du transport en commun aux infrastructures, en passant par le logement social et les services de Postes Canada, la sécurité et le développement économique, sans oublier les festivités entourant le 375e.

De son côté, le maire de Québec a plutôt opté pour quatre demandes ciblées. On parle du Port de Québec, d’un centre de dédouanement à l’aéroport, de la création d’un Institut nordique à l’Université Laval et d’un financement durable pour l’Institut national d’optique.

On s’attend à ce que les chefs se prononcent, a dit le maire Coderre. Ils le feront sûrement, mais à géométrie variable. La position des différentes formations politiques variera en fonction de leur position sur les différents terrains électoraux et de la probabilité qu’ils prennent le pouvoir.

Contrairement à la dernière campagne, où le maire de Québec avait le monopole de la popularité et du terrain politique, cette fois, le maire de la capitale et celui de la métropole sont davantage sur un pied d’égalité. Tous deux sont très populaires. Chacun occupe un territoire politique contesté. Le NPD et le Parti libéral sont au coude à coude à Montréal, tandis qu’à Québec la bataille se fait entre les conservateurs et les néo-démocrates.

Tout cela étant dit, est-ce que les réponses favorables ou défavorables changent vraiment quelque chose dans la tête de l’électorat? Rappelons-nous l’élection provinciale de 2012. Tout le monde courtisait la région de Québec. Jean Charest avait octroyé du financement au nouveau Colisée, sans toutefois faire de gain majeur dans la région.

Dans le cadre de la campagne actuelle, Justin Trudeau a rencontré Régis Labeaume, le maire de Québec, sans lui faire de promesse, tandis que Stephen Harper, le chef conservateur, a pris des engagements dans deux des dossiers ciblés, sans rencontrer le maire. Qu’en diront les électeurs? Nous le saurons le 19 octobre. Mais la tradition des listes d’épicerie n’a pas prouvé son efficacité électorale.

On peut parier, en toute logique, que si les priorités énoncées par les élus municipaux coïncident avec celles des citoyens, les réponses des élus fédéraux risquent d’avoir une plus grande résonance dans l’électorat. Cela dit, ces opérations de liste d’épicerie ressemblent plutôt à des épreuves de force. Dans cette perspective, disons qu’il serait plutôt souhaitable de maintenir un dialogue permanent entre les différents paliers du gouvernement.

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