Frank Gunn / La Presse Canadienne Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, la chef du Parti vert, Elizabeth May, le chef du NPD, Thomas Mulcair, et le premier ministre sortant, Stephen Harper, lors du débat du magazine Maclean's.

Pendant que vous profitiez du soleil, de la plage, du plaisir de ne rien faire, les politiciens fédéraux s’activaient dans les barbecues et sur toutes les tribunes de la plus longue campagne électorale des temps modernes. Ce n’est pas rien comme record. Soixante-dix-huit jours, c’est l’équivalent de deux campagnes dans une. Si tout s’était passé comme prévu, l’élection aurait été déclenchée dans deux jours pour un scrutin le 19 octobre.

Mais c’était mal connaître Stephen Harper. Le premier ministre a plutôt décidé de se prémunir des attaques des groupes de pression et de profiter de l’avantage financier de son parti en utilisant une marge de manœuvre offerte par la loi sur les élections à date fixe pour déclencher la campagne le 2 août.

Plusieurs pensaient que vous n’auriez pas vent de ce qui se passait. Pourtant, les plaques tectoniques politiques ont bougé pendant ces quelque 40 jours de campagne estivale. À la ligne de départ, le EKOS donnait le NPD en avance, avec 33,8 % des appuis, contre 30,1 % pour les conservateurs et 23,4 % pour les libéraux. Le NPD dominait en Colombie-Britannique, au Québec et en Saskatchewan. L’Ontario, objet de convoitise de tous les partis, offrait une mince avance aux conservateurs.

La semaine dernière, le même sondeur plaçait les trois partis dans le même ordre, mais l’écart entre les trois s’était grandement rétréci. On note maintenant une course à trois et un changement dans les appuis géographiques. Le NPD a pris du galon au Québec, mais perdu son avance dans les autres provinces, et les libéraux peuvent espérer faire des gains en Ontario.

Rien n’est encore joué, mais tout cela indique qu’il y a du mouvement. Cela s’explique par le fait que depuis le déclenchement de la campagne, Justin Trudeau a su se tailler une place. Il est parvenu à combattre l’effet de polarisation changement versus statu quo. Il a pris certains engagements audacieux qui parlent à une partie de l’électorat, notamment celui de ne pas équilibrer le budget.

Stephen Harper a eu à faire campagne avec un vent de face : les démissions de candidats, le procès Duffy, mais surtout la crise des migrants. Sur cet enjeu, son approche rigide, son refus de rencontrer les chefs ou de répondre à l’appel des provinces et des citoyens détonnent. De son côté, Thomas Mulcair, qui était l’alternative pour tous les électeurs en quête de changement, doit maintenant partager cet espace. La seule constante qui demeure pour l’instant est la position du Bloc québécois, qui peine à trouver son ton et sa place.

Maintenant, la deuxième campagne s’amorce. Vous serez au travail, sur la route. Les pancartes feront partie de votre décor quotidien. Reste à savoir quel discours vous parlera le plus, mais le premier segment de cette campagne laisse entendre que votre humeur est volatile.

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