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Si l’actualité du mois d’octobre 2016 était monopolisée par les apparitions de clowns effrayants, celle de 2017 respecte plutôt la bonne vieille tradition d’inquiéter les parents à coup de légendes urbaines aux saveurs de bonbons empoisonnés ou truqués.

Je me penche donc sur ces histoires alarmantes entourant les dangers de nos sucreries préférées, démêle le vrai du faux et rend le diagnostic du Métroscope. Ces nouvelles, qui reviennent d’Halloween en Halloween, sont-elles véridiques?

Le point.

1. Des aiguilles à coudre et des lames de rasoir dans des barres de chocolat

Comme Snopes, et presque tous les sites de vérification de faits, le notent, les histoires de bonbons truqués aux lames ou aux petites aiguilles circulent depuis des décennies.

La rumeur explose en 1967 et, dans les mois qui suivent, 13 cas isolés – des lames de rasoir cachées dans des pommes – sont rapportés aux autorités canadiennes et américaines. Des détails rendus publics quelques années plus tard ont finalement mis les choses au clair: la majeure partie des incidents était des canulars montés par les enfants ou les parents, encouragés par la popularité de la légende urbaine qui circulait abondamment à l’époque.

Et l’an passé, un nouveau cas a ravivé les craintes des parents. Le 1er novembre 2016, la majorité des médias canadiens ont rapporté que des aiguilles avaient été retrouvées dans les bonbons recueillis par des enfants du secteur de Meadowbrook, à Ottawa. La nouvelle a fait le tour du pays rapidement et la paranoïa les mises en garde circulaient dans tous les foyers.

La journée-même, les policiers se sont ravisés, en admettant que la plainte formulée par les parents des enfants «victimes» des bonbons truqués était finalement non fondée. Plusieurs articles n’ont toutefois pas été mis à jour avec cette nouvelle information et ils circulent encore aujourd’hui.

Alors pourquoi en parle-t-on autant aujourd’hui? Il s’agit surtout d’un beau cocktail de paranoïa et des quelques cas véridiques (mais aucun enfant n’a été blessé gravement).

Diagnostic du danger:


2. Des bonbons empoisonnés distribués aux enfants

En 1964, Helen Pfeil est arrêtée après avoir donné des pièges à fourmis (arsenic), dissimulées dans des serviettes de table, à deux adolescentes venues sonner à sa porte le jour de l’Halloween parce qu’elle les trouvait «trop vieilles» pour profiter d’un tel événement. Quand cette histoire est rapportée (on en parle encore aujourd’hui), on parle de «bonbons empoisonnés à l’arsenic», alors que les pièges étaient identifiés à l’aide de la notice «toxique».

Ce n’est donc pas un cas de dissimulation de poison, mais de mauvaises intentions. C’est pourtant l’anecdote, avec un grand «A», qu’on raconte pour prouver que la légende urbaine est véridique.

L’an passé, le professeur en sociologie et en justice criminelle Joel Best, qui a fait de ces anecdotes sa spécialité, a confié à Vice que la crainte des parents est non fondée. «Vous savez, peut-être que quelqu’un de fou vit sur votre rue et empoisonne les petits enfants au hasard, mais qu’il ne le fait qu’une soirée par année. Le reste de l’année, il est complètement normal», blaguait-t-il.

Diagnostic du danger:


3. Des drogues «déguisées» en bonbons

«La drogue fatale Flakka vient d’émerger sous une effrayante forme — en bonbon», rapportaient plusieurs médias en 2015. Les mêmes vidéos/segments de téléjournaux recommencent à circuler cette année et plusieurs page Facebook prétendent qu’il s’agit d’une «nouvelle nouvelle».

Les articles (vieux de deux ans) indiquent que la police de Miami a retrouvé de la Flakka, un dérivé de sels de bain, sous forme d’ours en jujube. Rien n’indique qu’il s’agit d’une stratégie pour amadouer des enfants, mais quelques médias et pages Facebook populaires ont vite tiré leurs propres conclusions.

En deux ans, personne n’a rapporté d’incident en lien avec les bonbons truqués.

Reste que ces faux jujubes existent bel et bien, sous une forme attrayante pour les enfants. Mon avis, pour le moment, est qu’il faut rester vigilant. Je rappelle que les jujubes à la marijuana existent depuis longtemps. Mais il n’y a eu aucun cas de distribution délibérée à des enfants le jour de l’Halloween.

Diagnostic du danger:


Rassurés?

Soyez vigilants!


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