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Encore une fois, les algorithmes de Google, Facebook et YouTube ont favorisé les articles et les vidéos présentant des théories du complot sur une attaque hautement médiatisée. Dimanche, c’était au tour de la fusillade dans une église de Sutherland Springs, au Texas. La même chose s’est produite pour l’attentat à Las Vegas.

Petit tour d’horizon des fausses nouvelles qui circulent à propos de la fusillade, question de remettre les pendules à l’heure.

L’auteur de la fusillade est Sam Hyde

Je dois vraisemblablement me rendre à l’évidence que je vais passer ma vie à démentir toutes les nouvelles identifiant un certain Sam Hyde comme étant un suprémaciste blanc, un terroriste, un membre du groupe armé État islamique et, probablement, bien d’autres titres incriminants que les trolls s’amuseront à créer jusqu’à la fin des temps.

Dimanche, toutefois, le canular (bien connu) a pris de nouvelles proportions. Sur les ondes de CNN, un membre du Congrès américain est tombé dans le piège et a identifié le tireur comme étant Sam Hyde.

En fait, «Sam Hyde is the shooter» (Sam Hyde est le tireur) est un meme qui circule depuis 2015, environ. Vous l’aurez deviné: le meme consiste à accuser Hyde d’être l’auteur d’attaques. Ceux qui le publient en pleine connaissance de cause savent parfaitement que leur publication sera partagée par des internautes en quête d’information sur un événement tragique. En passant, j’ai un article entier dédié au canular.

Les rumeurs à propos du «musulman radical» Samir Al-Hajeed sont tout aussi fausses. Elles visent aussi Sam Hyde.


Le tireur est «antifa»

Dès que le nom de l’auteur de l’attaque, Devin Kelley, est paru dans les médias, plusieurs groupes de droite et d’extrême droite ont publié ses «informations personnelles» (les guillemets sont importants, ici). On apprenait alors que le tireur était membre d’une association antifasciste et qu’il planifiait une «révolution communiste».

La «preuve» principale est la supposée carte de vote du suspect, où l’on peut lire que son affiliation politique est «UAF». Des internautes ont fait le lien avec l’organisation antifasciste britannique Unite Against Fascism (notez qu’on ne spécifie jamais que l’organisation n’a aucun lien avec les États-Unis). Mais comme nous l’apprend Le Monde, le sigle «UAF» signifie «unaffilitated» (non affilié). Rien ne prouve qu’il s’agit de la carte de vote de Kelley. Et la carte ne prouve pas qu’il était «antifa». Ni qu’il était de droite.

De faux profils Facebook au nom du tireur ont été (maladroitement) créés après l’attaque. Ces profils ont «aimé» des pages et des groupes reliés au mouvement antifasciste, ont publié quelques photos personnelles de Kelley, mais aussi des photos de drapeaux, de fusils, «prouvant» qu’il s’apprêtait à commettre un crime au nom des «antifas».

De faux messages textes affirment que Kelley avait forcé les victimes à lire des passages du livre Le Capital, de Karl Marx. «Tous ceux qui ont bafouillé ont été tués», peut-on lire sur la capture d’écran. Aucun témoignage officiel n’est venu appuyer ces allégations.

Des dizaines de vidéos «expliquant» le déroulement de l’attaque se basent entièrement sur ces faux profils et ces captures d’écran plus que louches.


Le tireur est Chris Ward

Après la fusillade, le nom de Chris Ward a rapidement commencé à circuler sur les réseaux sociaux. Plusieurs internautes ont propagé les rumeurs selon lesquelles l’homme aurait tué toute sa famille avant de se diriger vers l’église. Des médias, dont Dreuz (qui s’est ravisé un peu plus tard), ont repris l’information.

Les premières informations officielles ont toutefois vite précisé que Ward est l’une des victimes.

  • D’autres rumeurs seront démenties au fil des prochains jours.

Soyez vigilants.


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