À moins d’imprévus, Denis Coderre, le député libéral fédéral de Bourassa, à Montréal-Nord, annoncera officiellement jeudi sa candidature à la mairie de Montréal. Coderre est un politicien de profession. Avant d’être élu une première fois en 1997 comme député fédéral, il avait mordu la poussière trois fois : en 1988 dans Joliette, en 1990 dans Laurier-Sainte-Marie contre Gilles Duceppe et en 1993 dans Bourassa contre Osvaldo Nunez, du Bloc québécois.

Réélu depuis à six reprises, Coderre a été secrétaire d’État au Sport amateur puis ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration. Coderre était membre du gouvernement Chrétien à l’époque du scandale des commandites. Malgré le fait qu’on connaisse peu de choses de ses ambitions pour la métropole, un sondage le crédite du tiers des intentions de vote.

Ce sondage révèle cependant que près de 30 % des électeurs n’ont pas encore fait leur choix et que 70 % des répondants pourraient changer d’avis. Louise Harel récolte 15 % des appuis, et Richard Bergeron, 18 %. Si Michael Applebaum était sur les rangs, il récolterait 17 % du vote et l’appui à Coderre baisserait à 20 %. Les jeux sont loin d’être faits. Mais sa position de tête nous autorise à soulever des questions.

Une des principales qualités requises pour gouverner Montréal est l’intégrité. C’est pourquoi M. Coderre devra rapidement faire la lumière sur ses relations, lorsqu’il était ministre de Jean Chrétien, avec les protagonistes du scandale des commandites.

Comme candidat dans Bourassa, a-t-il déjà eu recours aux services d’organisateurs clés en main ou de collecteurs de fonds aujourd’hui cités à la Commission Charbonneau? Quelles ont été ses relations avec Frank Zampino, avec Tony Tomassi? A-t-il reçu l’appui de la firme Roche ou d’autres firmes pour le financement de ses campagnes électorales?

Au-delà de ce thème central de la prochaine campagne, nous aimerions connaître sa vision du développement de la Ville, du transport en commun, de la place des arts dans le développement, du rôle des arrondissements, de l’apaisement de la circulation automobile dans les quartiers centraux, du fait français.

Est-il bien placé pour mobi­liser les Montréalais? Quelles sont ses relations avec les universités? Quels sont les leviers de développement économique de la ville selon lui? Quelle place pour l’économie sociale et l’action communau­taire? Comment assurer un logement adéquat aux plus démunis? Connaît-il Culture Montréal? Que pense-t-il de l’Office de consultation publique? Comment croit-il pouvoir faire travailler sous sa gouverne un conseil de ville divisé? Pourquoi les écologistes devraient lui faire confiance? Et comment cet ancien militant de Jean Chrétien voit-il ses relations avec un gouvernement souverainiste à Québec?

Et vous, qu’aimeriez-vous savoir?

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