Chaque jour, la consultation parlementaire sur le projet de charte des valeurs de laïcité apportera son lot de questions à résoudre. Au jour 1, déjà, au moins deux questions ont surgi des échanges.

Une d’elles porte sur le sort réservé à un employé de l’État qui refuserait de retirer un signe, un vêtement ou un bijou qui serait jugé contraire aux dispositions de la loi. Va-t-on congédier une fonctionnaire qui arrive au bureau avec des croix de deux pouces pendues aux oreilles ou un homme portant à sa ceinture un objet symbolique représentant le kirpan sikh?

À elle seule, cette question méritera des heures de discussions et de recherche juridique. Il faudra des critères, des procédures, des négociations.

On peut, bien sûr, écarter le sujet du revers de la main, comme l’a fait l’ancien président de la Centrale des syndicats du Québec, Réjean Parent, et dire qu’une personne qui ne respecte pas la loi se congédie elle-même. Mais la Fédération des commissions scolaires a rappelé hier que de telles questions, en apparence simples, deviennent inévitablement compliquées dès qu’on parle de religion. Deux commissions scolaires ont dépensé chacune un demi-million de dollars devant les tribunaux, au cours des dernières années, pour défendre leur position dans un conflit relatif à la place de la religion à l’école.

L’autre sujet qui a émergé des discussions est celui de la différence entre le tchador, un long vêtement porté par les femmes dans certains pays musulmans, et qui recouvre le corps des pieds à la tête sauf le visage, et le hidjab, ce foulard qui recouvre les cheveux de certaines femmes musulmanes comme un symbole de leur foi autant que de leur identité.

Le porte-parole du Parti libéral, Marc Tanguay, a eu du mal à expliquer ce que serait la position de son parti à ce sujet. On sait que le PLQ est réticent à interdire le port de signes religieux par les employés de l’État. Mais cette réticence vaut-elle pour le tchador? En admettant qu’on n’interdise pas le port de signes religieux aux employés de l’État, faudrait-il autoriser le port du tchador iranien? La réponse n’a pas été claire.

Une des vertus d’une consultation publique est de faire réfléchir. La consultation qui commence va tous nous aider, voire nous forcer, à réfléchir au sujet non seulement des principes soutenant le projet gouvernemental, mais aussi des implications liées à son adoption.

C’est une chose pour un parti politique de tenir un discours public soutenant des principes et des valeurs et, par le fait même, de se construire un capital de sympathie. C’en est une autre de légiférer, c’est-à-dire de fixer des règles qui deviennent des obligations pour les citoyens où chaque détail compte.

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