On le savait déjà, mais la Protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, l’a confirmé dans son ultime rapport publié jeudi dernier: les coupes et restructurations massives dans les institutions et les missions de l’État ont pénalisé les personnes les plus vulnérables de notre société.

Les libéraux ont annoncé qu’ils allaient réinvestir dans certains des programmes où ils ont sabré depuis deux ans. Ces sommes ne compenseront pas les coupes, évaluées par l’IRIS à 4G$. Surtout, rien ne nous garantit que l’argent réussira à corriger l’iniquité engendrée par l’austérité.

Pendant ce temps-là, le PQ s’apprête à se choisir un ou une chef. Quarante ans presque jour pour jour après l’élection qui a porté le parti au pouvoir pour la première fois, en 1976, la relance espérée durant cette course ne semble pas s’être produite.

Une course à la chefferie n’est pas seulement un moment où les partisans se choisissent, entre eux, un nouveau leader. C’est aussi l’occasion pour le parti de se mettre de l’avant dans l’espace public, de rappeler sa raison d’être, de préciser ses fondements, de valoriser ses représentants auprès de l’électorat. La course au PQ aura plutôt donné l’impression que le parti est en décalage par rapport à la population.

Un symptôme de ce décalage est le ton des discours censés susciter l’appui des membres. Les propos sur l’immigration qui ont permis à Jean-François Lisée de rattraper Alexandre Cloutier dans les intentions de vote des membres, il ne les prononcerait pas comme chef de l’opposition ou dans le cadre d’une élection québécoise. Ces affirmations, qui semblent rallier des appuis dans la base péquiste, rebuteraient une bonne partie de la population. Si la stratégie de Lisée s’avère payante à court terme, elle pourrait se retourner contre le parti, qui doit encore panser les plaies qu’il a ouvertes avec sa charte de la laïcité. Plus largement, cette stratégie entretient l’impression tenace que le PQ, comme option politique, souffle le chaud et le froid. Ce qui n’augure rien de bon pour la prochaine élection.

Ainsi, le scénario d’un ralliement des partis de la gauche autour d’un dispositif temporaire semble toujours le seul moyen pour les forces progressistes de mettre un terme au règne libéral. Les aspirants-chefs du PQ n’ont pas annoncé leur intention de participer à une association stratégique de la gauche, association où le PQ aurait nécessairement un rôle déterminant à jouer. Le parti espère-t-il encore un chef sauveur qui séduira assez les Québécois pour qu’ils décident de renvoyer le PLQ? Cet espoir va rapidement se mesurer à la stratégie libérale qui se prépare.

Interrogé à propos du rapport de la Protectrice du citoyen, le premier ministre Philippe Couillard a répondu ceci: «Les discours sur les personnes vulnérables, les discours sur la solidarité, avec des finances publiques déséquilibrées et un endettement chronique, ce n’est que du vent, ça ne veut rien dire pour la population.» Peut-être croit-il que les Québécois préfèrent un surplus budgétaire à une protection des personnes les plus fragiles de notre société. Pour s’en assurer, il proposera haut et fort des baisses d’impôts. Il ne tiendra qu’aux électeurs de le confirmer, ou non, dans sa vision.

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