Craignez-vous que Montréal devienne la capitale du «patchage»? Je me suis posé la question en passant sur la rue Champlain, dans le quartier Centre-Sud. Les travaux de remise en état d’une borne incendie on abouti à ceci (1ere photo de la mosaïque) : on a rebouché le trottoir avec de l’asphalte au lieu de refaire le trottoir avec le matériau d’origine.

En poussant l’observation sur un trajet de 4km pour me rendre au centre-ville, j’ai recensé une bonne douzaine de «patchs» qui ornent les trottoirs et donnent à la ville un aspect négligé. Petite anecdote en passant : il y a six ans, j’étais allé cherché à l’aéroport une très bonne amie indienne de ma mère qui venait assister à une conférence à Montréal. Elle a été littéralement choquée par l’état des routes. Ça donne une petite idée du niveau de la pente à remonter.

En observant les «patchs», on peut supposer qu’elles découlent des travaux d’excavation nécessaires pour remplacer la tuyauterie de bornes fontaines, réparer des lampadaires ou des sorties d’égouts. Au lieu de mettre du béton à la fin, ce qui est plus compliqué car il faut faire un coffrage, on a mis le même bitume que pour reboucher la portion des travaux sur la chaussée. Le résultat final est douteux, selon le chroniqueur en design urbain et en architecture, Marc-André Carignan.

«Souvent ce genre de manière de faire est invoquée quand des travaux plus larges sont prévus et que la totalité des trottoirs doit être refaite prochainement. C’est moins coûteux. Là où ça devient dérangeant, c’est quand le temporaire se multiplie et s’étire sur plusieurs années», dit-il en citant en exemple la portion de trottoir sur la rue Saint-Dominique derrière le 2.22 avant sa réfection, ou le long du musée du Chateau Ramezay.

À l’arrondissement Ville-Marie on indique que «de façon générale, ces trottoirs sont réparés avec de l’asphalte temporairement afin de sécuriser les lieux et aussi le temps de regrouper plusieurs petits tronçons dans des contrats généraux».

Et quand on cherche à obtenir des dates précises voilà ce que l’arrondissement répond : «Ils seront regroupés, selon leur secteur, dans des contrats généraux ultérieurs ou bien ils seront intégrés dans les listes des tronçons à refaire en 2016 ou en 2017 dans le cadre du contrat général octroyé en juin dernier».

Le contrat est de 2,3M$ sur trois ans, ce qui est rassurant car ça permet certainement d’éliminer pas mal de «patchs». On verra par contre avec quelle rapidité… Parce que si l’on se fie à l’aspect grisâtre de certaines (genre rue du square Dorchester), la «patch» montréalaise peut avoir une durée de vie assez appréciable…

Et vous, ça donne quoi dans votre arrondissement?

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