Je crois en la liberté du sein. Je pense que dans notre société, moderne et égalitaire, les femmes devraient avoir le droit de ne pas porter de hauts en public à la plage, à la piscine ou dans les parcs aquatiques. Si c’est permis pour les hommes, ça devrait l’être aussi pour les femmes. Simple.

Je ne comprends sincèrement pas pourquoi et en quoi cette partie de l’anatomie féminine dérange et importune tant. Un organe sexuel? Vraiment? Admettons, quelle différence avec certains religieux qui voient en les cheveux, le visage, les yeux, les mains, les jambes et en tout le corps d’une femme, un objet sexuel et de désir et qui en imposent la couverture et la dissimulation? Dans nos sociétés occidentales, modernes, laïques et égalitaires, on se targue d’avoir «libéré» la femme du joug du patriarcat et du dogme religieux. Elle est libre de tout son corps. Tout, sauf les seins. On a décidé d’arrêter ça là. On a tracé une ligne imaginaire sur le corps de la femme, séparant ce qui est acceptable et permis et ce qui ne l’est pas.

Je ne peux m’empêcher de constater l’arbitraire de cette «sentence». Ce n’est en fin de compte qu’une de ces nombreuses constructions sociales qu’on prend pour acquises, qu’on ne questionne pas. Et quand quelqu’un ose la remettre en cause, comme cette dame qui a porté plainte contre un centre aquatique qui lui avait interdit de se découvrir la poitrine, on monte vite aux barricades, on montre du doigt, on accuse et on s’indigne… On lynche.

Pensez aux années 1940 et 1950, ici même au Québec. Il était très mal vu voire interdit pour une femme de porter une jupe ne couvrant pas ses genoux. Il n’en fallait pas moins qu’une révolution bouleversant les fondements sociaux de toute une génération pour que la jambe féminine soit enfin libérée.

Dans plusieurs pays européens, bronzer topless à la plage est tout ce qu’il y a de plus normal. Il n’y a rien là. Dans certaines tribus africaines ou amazoniennes, où il fait très chaud, les femmes ne se couvrent pas le haut, c’est naturel, il n’y a rien là.

Puis, franchement, vouloir protéger les enfants qui seraient traumatisés, qui feraient des cauchemars la nuit, désolé mais il n’y a pas plus niaiseux comme argument! Ils n’en ont rien à faire des seins, les enfants! C’est nous, les adultes, qui leurs transmettons cette «peur» du sein. Pour eux ce n’est qu’une autre partie du corps. Si seulement on les laissait tranquille…

Arrêtons donc notre hypocrisie collective. Rappelons-nous que tout ceci n’est pas réel, que ce n’est qu’une construction artificielle dans nos têtes, des traces de puritanisme catholique, de la femme inférieure, objet sexuel, à dissimuler, à ne pas voir. Nous devons nous en affranchir pour qu’enfin vive le sein libre toujours.

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