Le 5 novembre, je vais voter aux élections municipales. Je ferai probablement partie des «un Montréalais sur deux» qui iront exercer leur droit fondamental et exprimer leurs choix aux urnes. Moins de un sur deux. Ça me déprime.

Je suis originaire d’un pays, la Tunisie, où, il y a à peine sept ans, les citoyens ont payé de leur sang le droit et le pouvoir de choisir leurs gouvernants, de tenir des élections libres, justes et équitables, et d’être, enfin, maîtres de leur destin. On ne se rend pas compte, mais tous les jours, un peu partout dans le monde, des gens sont emprisonnés, torturés et exécutés parce qu’ils ont osé vouloir être libres.

La démocratie ne va pas de soi. Je sais ce que c’est que de vivre sous une dictature, de ne pas être libre, de vivre dans la peur, de ne pas pouvoir choisir, d’avoir en permanence une chape de plomb au-dessus de la tête qui t’empêche de respirer… La démocratie est un privilège très précieux. Je le sais, parce que j’en étais privé. Et ça me déprime que la moitié de mes concitoyens ne s’en rendent même pas compte en tenant la démocratie pour acquise. Ils s’en foutent! Je voudrais leur crier: «Mais bon sang, comprenez-vous combien vous êtes chanceux? Faites donc bon usage de cette fortune. La démocratie, vénérez-la, choyez-la. Allez donc voter!»

Et si vous n’y allez pas, surtout, surtout ne venez pas chialer après. Ne venez pas vous lamenter de l’état désuet des routes et des trottoirs, de l’obsolescence de votre parc de quartier, de la multitude chaotique des chantiers qui n’en finissent jamais, du manque de sécurité sur les pistes cyclables, de la ligne orange, du trafic, des taxes, des permis, des stops, des feux rouges, des contraventions, du stationnement, des vidanges, du copinage, de la corruption… Vous aurez renoncé à votre droit de vous plaindre si vous estimez qu’offrir une heure de votre temps, tous les quatre ans, est trop vous demander.

Bon, ce n’est pas vrai, chialer, c’est notre sport national, et en démocratie, nous y avons tous le droit. Même si vous ne votez pas. Mais pensez-y deux secondes. Dans trois semaines, nous aurons cette extraordinaire occasion de choisir qui va nous représenter dans notre quartier, dans notre arrondissement, et dans notre ville. Les personnes que nous allons choisir auront un impact direct sur nos vies et sur notre quotidien. Pourquoi se priver d’une telle occasion? Pourquoi se priver du droit de choisir? Qu’est-ce que vous avez à perdre? Une heure de votre temps tous les quatre ans. Pensez-y.

Voter est un acte citoyen, un acte noble et précieux. N’oubliez pas que c’est vous, citoyens, le peuple, qui disposez du pouvoir. Alors, votez avec la raison, votez avec le cœur, mais votez, 
de grâce, vote

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