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N’en déplaise à Denise Bombardier, le monde a changé: il est en constante progression, il mute et se transforme. Ce qui n’évolue pas est amené à s’éteindre et à disparaître. C’est une loi de la nature.

Lundi dernier, Mme Bombardier nous a pondu un texte extrêmement réactionnaire, comme elle sait si bien le faire, dans lequel elle traitait la jeunesse québécoise d’individualiste parce que, ô malheur, selon le dernier sondage Léger-Le Devoir, les jeunes voteraient à 35% pour le PLQ! En gros, elle nous dit, avec son cynisme habituel, que cette jeunesse a délaissé la nation parce qu’elle a été brainwashée par l’école et qu’elle est multiculturaliste et diversitaire parce qu’elle ne connaît pas grand-chose à la politique et n’a plus de références historiques… C’est ainsi que Mme Bombardier s’explique le vote hypothétique des jeunes pour le PLQ.

Dans la vie, il y a deux sortes de personnes: il y a d’abord celles que le statu quo ennuie, qui aiment que ça change, que ça progresse, qui accueillent le mouvement à bras ouverts; puis il y a celles qui veulent que les choses restent telles qu’elles sont, que rien ne bouge, qui abhorrent la transformation et qui ont peur du progrès. C’est gros et un peu caricatural, mais c’est la différence fondamentale entre le fait d’être un libéral progressiste et un conservateur réactionnaire. Mme Bombardier fait partie de la deuxième catégorie. Elle en est même l’archétype: elle est nostalgique d’un passé idéalisé et elle maudit tout changement qui pourrait remettre en question ses croyances et ses convictions.

La jeunesse québécoise n’est ni plus ni moins individualiste que la moyenne des Québécois, des Nord-Américains ou des Occidentaux en général. Elle n’est ni brainwashée, ni ignorante, ni inculte. Bien au contraire. Les jeunes sont par définition enclins à la découverte et à l’expérience, ils n’ont pas peur de l’inconnu, ils veulent essayer et expérimenter, ils ont soif d’apprendre. Et, de fait, jamais dans toute l’histoire de l’humanité les jeunes n’ont été si éveillés, si conscients et si lucides. L’accès extraordinaire aux outils numériques d’information et de socialisation leur permet de voir le monde comme un petit village sans frontières. Ça leur permet d’avoir toute la planète au bout d’un clic, d’être exposés à diverses cultures, croyances, traditions… Ça nourrit un sens extraordinaire d’ouverture et d’acceptation des autres. Du jamais vu dans l’histoire.

Les jeunes Québécois ont délaissé les idéologies du passé. Ils sont très conscients des enjeux modernes, ceux qui les touchent directement, pas les enjeux identitaires ou nationaux de leurs parents et de leurs grands-parents. Ils sont fortement sensibilisés aux questions écologistes et féministes, aux droits des minorités, aux dangers de l’ultralibéralisme économique. Et ils s’impliquent: mouvements étudiants, altermondialistes, écologistes, féministes, LGBTQ, droits de la personne, etc. Ils sont là, sur le terrain, à faire et à être le changement.

Notre jeunesse, c’est l’espoir d’un monde meilleur, plus juste, équitable, pacifique, où il fait bon vivre, ensemble. Il faut en être très fier. N’en déplaise, encore, à Mme Bombardier.

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