Les partis politiques nous y ont habitués depuis quelques années: à l’approche des élections, la chasse aux stars s’intensifie. À qui la plus brillante, la plus hot, la plus connue, la plus médiatisée… On collectionne les célébrités tels des trophées sur l’autel de la démocratie populiste, populaire et people.

Notre époque est celle de la politique-spectacle et mercantiliste, du décor et de l’image, des stratégies des boîtes de communication et du marketing politique, de la publicité et des mèmes savamment ficelés dans les médias sociaux. Il faut créer le buzz et ramasser les pouces en l’air coûte que coûte, toujours plus. Il faut être fin, beau et célèbre. Il faut être bien connu pour être reconnu et élu.

Je n’ai évidemment pas de problème à ce que des vedettes médiatiques se lancent dans l’arène politique. Bien au contraire. Ça prend du courage et un certain sens du devoir civique pour le faire. C’est bien. C’est louable. Mais le danger de la vedettisation de la vie politique, c’est qu’elle finit par éclipser le fond sous une couche épaisse d’apparences et d’artifices. Les idées, les opinions, les projets et tous les fondements des démocraties modernes ne sont plus aussi fondamentaux: ils laissent la place à l’apparence, aux likes et aux partages, aux photo ops et aux coups d’éclat. Nous perdons l’essentiel au profit de l’accessoire.
Certains journalistes continuent encore de faire leur job: ils creusent, analysent et exposent les idées, ils déclenchent les débats. Mais on dirait qu’ils sont de plus en plus rares et à la marge. Le spectacle prend souvent le dessus. Ça vend mieux, sans doute.

C’est peut-être ce que nous voulons en fin de compte, nous les consommateurs: nous n’avons plus le temps de nous arrêter pour bien lire et essayer de comprendre, nous voulons plutôt du direct, de l’instantané brillant et coloré, du bling-bling. C’est ça, notre époque? Consumériste et superficielle, même dans une démocratie.

Ou alors nous sommes peut-être victimes de cette fascinante machine autophage qui fonctionne à plein régime : des médias créent des vedettes, puis ceux-ci deviennent des politiciens qui sont élus, qui siègent et qui contribuent à alimenter les cycles des nouvelles et la vie médiatique. Ils finissent souvent comme employés vedettes de ces mêmes médias qui ont lancé leur carrière.

Je ne peux pas concevoir que la démocratie devienne un concours de beauté, une télé-réalité de mauvais goût, une compétition de tweets et de likes. Ce n’est pas ça, la démocratie. On ne devrait pas faire un événement de la simple investiture d’une quelconque vedette. L’événement devrait être ce que cette personne amène au débat, ses idées. Comment va-t-elle changer les choses? Quel est son projet? Quelles sont ses priorités ? Est-elle crédible, honnête et digne de confiance? Tout le reste n’est que foutaise et poudre aux yeux.

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