Josie Desmarais/Métro

C’est dimanche, 9h, je suis assis à la table de terrasse dans ma cour arrière, la tasse de café à portée de main. Il fait très beau, 26oC, un ciel bleu et un soleil magnifique. Deux mésanges arpentent mon jardin à la recherche de quelques graines. Un écureuil fait des culbutes autour d’une marmotte en train de brouter je ne sais quelles herbes. Affalé sur le perron, mon chat observe tout ce mouvement d’un œil paresseux, semblant dire: n’oubliez pas, c’est chez moi ici… L’odeur des plants de tomates se mélange à celle des fines herbes et vient chatouiller mes narines, faisant remonter à la surface de lointains souvenirs.

Je suis heureux.

Il y a presque 20 ans, quand j’ai débarqué à Québec, en pleine tempête de neige, on dira que ça m’a pris un peu de temps pour apprivoiser le nouveau climat. Moi qui viens du sud de la Méditerranée où, quand il fait vraiment froid l’hiver, la température peut atteindre 5oC, + 5, au-dessus de zéro. Alors, les -40 et les tempêtes de neige, ça relevait quasiment de la science-
fiction pour moi.

Puis on s’acclimate. J’ai traversé mon premier hiver dans un état de grande plénitude. Mais, à l’époque, je n’arrivais pas à imaginer l’été québécois. Je me rappelle avoir dit à une amie: «C’est impossible que toute cette neige fonde un jour.» Je n’y croyais pas. Elle avait beau me dire que j’allais suffoquer de chaleur, je lui riais au nez. J’adore la chaleur, j’en ai l’habitude, je suis un expert du soleil, des hautes températures et de la sueur dégoulinante aux heures de canicule. Je viens d’un pays où l’été est vraiment chaud, vraiment là.

Arrogance de la jeunesse.

Vingt ans plus tard, j’adore l’été québécois. J’adore prendre un verre sur une terrasse, me rafraîchir dans un des nombreux lacs de la Belle Province, faire un tour à vélo avec les enfants, courir, explorer nos parcs et nos forêts, me balader au marché Jean-Talon, inviter des amis ou être invité chez pour un BBQ à la bonne franquette, faire le tour du Festival de jazz et des Fancos, découvrir et savourer les sorbets d’une des nombreuses crèmeries artisanales de la ville, cueillir des fraises, faire des longueurs dans une piscine publique extérieure, marcher, se reposer au parc Lafontaine… Farniente. Vivre le moment. Profiter de la vie.

C’est différent de l’été méditerranéen. Évidemment. Mais nous n’avons pas grand-chose à lui envier, à part peut-être la mer Méditerranée. Ça, j’avoue que, des fois, ça me manque terriblement… Mais au-delà, franchement, nous avons un été extraordinaire au Québec. C’est un été tellement précieux que nous nous faisons un devoir de l’apprécier à sa juste valeur. Nous en jouissons à fond, nous «orgasmons» collectivement sous le soleil en nous accrochant à chaque bout, à chaque instant, à chaque rayon de chaleur… Notre été est une joie de vivre qui dure quelques semaines, nous le méritons bien, et nous le faisons bien savoir.

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