THE CANADIAN PRESS Manifestation de la Meute à Québec.

Tous les jours nous sommes confrontés aux mythes. Si l’on se fie au dictionnaire, on a l’impression que le mythe est nécessairement négatif. Par exemple, dans le dictionnaire Internaute, le mythe est défini comme étant une croyance répandue, mais infondée et une représentation amplifiée et déformée par l’imaginaire collectif.

Pourtant, bien des mythes sont inoffensifs. Par exemple, croire ou non à l’idée qu’il faille attendre deux heures après un repas avant de se baigner n’a pas vraiment de conséquence. Dans son livre «Raison et déraison du mythe», Gérard Bouchard a recensé plus de 138 définitions du mythe qui ont été proposées par des auteurs européens et nord-américains. Un bon nombre de ceux-ci peuvent jouer un rôle positif dans la société, par exemple, lorsque celui-ci est un récit qui relate des événements fictifs dont on peut tirer des leçons ou lorsqu’il est porteur de valeurs, de croyances, d’idéaux qui guident les individus et les sociétés. Dans certains cas, le mythe peut même représenter une fiction divertissante comme dans les contes de Boucar Diouf et de Fred Pellerin.

Évidemment, ce ne sont pas les mythes inoffensifs qui nous intéressent ici. Nous dénonçons le mythe lorsqu’il transforme des idées fausses en un discours qui inspire les programmes politiques et qui mobilise certains groupes vers des positions extrémistes. Le mythe étant un discours potentiellement puissant, il nous force à nous interroger sur sa vérité ou sa fausseté.

Ceci nous amène à la question: pourquoi relier les mythes de l’immigration à l’extrême droite? Lors de la publication de mon premier blogue , un lecteur m’a posé la question suivante: pourquoi s’en prendre uniquement aux groupes d’extrême droite et non également aux groupes d’extrême gauche. Ma réponse est simple: c’est l’extrême droite qui a fait de l’immigration son principal cheval de bataille et qui répète sans cesse des idées fausses. Il est donc facile de décortiquer son discours anti-immigration. De plus, dans plusieurs pays, l’extrême droite est organisée en partis politiques. Par exemple, en Europe, l’extrême droite fait maintenant partie du décor politique. Presque tous les pays européens ont des partis politiques qui réussissent à ramasser un pourcentage important de votes (parfois jusqu’à 20-25%) au cours d’élections nationales. Au risque de me répéter, ces partis ont tous comme caractéristique essentielle de présenter une plateforme anti-immigration.

Par ailleurs, on ne peut pas en dire autant de l’extrême gauche: par exemple, les partis communistes ont quasiment disparu de la carte électorale. De plus, l’immigration est loin d’être une priorité dans leurs programmes.

Dans le cas du Québec, il n’y a pas de partis d’extrême droite (ni d’extrême gauche d’ailleurs). Par contre, comme l’ont révélé plusieurs articles dans les médias lors de manifestations anti-immigration (e.g. organisées par la Meute à Québec), l’extrême gauche s’est effectivement fait remarquer. Le groupe le plus connu est ANTIFA. Ce groupe a comme mission d’inventorier toutes les manifestions dites fascistes (anti-immigration, homophobie, islamophobie, racisme, sexisme, capitalisme, etc.) et d’organiser des contre-manifestations.

Cela dit, en ce qui concerne ma position personnelle, il est clair que je n’appuie pas les actions de groupes comme ANTIFA. La violence n’est pas un argument. En ce moment, les agissements des groupes comme ANTIFA sont extrêmement contre-productifs. Ils ne font que renforcer les peurs et les craintes et vont à l’encontre de ce que j’essaie de faire. On a vu comment, selon certains reportages et commentaires politiques, la Meute serait sortie gagnante du bras de fer avec ANTIFA. Est-ce cela que l’on veut?

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