Le 31 octobre dernier, un attentat à la voiture a causé le mort de huit personnes et blessé onze autres à New York. Il s’agirait d’un acte terroriste commis par une personne originaire d’Ouzbékistan au nom du groupe armé État Islamique. On apprend également que le chauffeur de la camionnette est rentré aux États-Unis en 2010 grâce au «Diversity Immigrant Visa Lottery», mieux connu sous le nom de la loterie de la carte verte. Voilà les faits.

Le président des États-Unis en a profité pour condamner ce programme et demander son abolition immédiate.

Rappelons que ce programme a été mis en place au début des années 1990 sous un gouvernement républicain et signé par le président Georges W. Bush. Comme la politique d’immigration américaine est basée sur des quotas déterminés par la présence des groupes déjà présents sur le sol américain, elle excluait plusieurs nationalités non présentes. Le programme visait donc à permettre d’élargir la composition de l’immigration, d’où son nom «Diversity Immigrant Visa».

Depuis l’entrée en vigueur de ce programme, plus d’un million de personnes ont «gagné» à la loterie et obtenu des visas de résidence permanente. Malgré ce chiffre impressionnant, on note seulement deux exemples d’attentat qui auraient été commis par des personnes ayant obtenu leur carte verte grâce à ce programme (en 2015 et 2017).

Certaines critiques accusent ce programme de constituer une stratégie d’infiltration de la part de terroristes. Or, un programme aléatoire par définition ne peut pas être manipulé par quelque groupe que ce soit. En plus, les chances (probabilités) d’être choisi sont très faibles étant donné le grand nombre de demandes (plus d’un million par année): on estime cette chance à moins de 1%!

Par ailleurs, dans le cas de l’attentat de New York, le tueur est rentré aux États-Unis en 2010: il aurait donc eu sept ans pour se radicaliser. C’est cette réalité qu’il faut comprendre: comment expliquer la radicalisation plutôt que de blâmer un programme qui par ailleurs a permis à de nombreux groupes à immigrer aux États Unis. On pense en particulier aux Irlandais et aux Italiens.

Bref, encore un faux amalgame. «Fake News» a été élu mot de l’année par le dictionnaire britannique Collins. En immigration, les «fake news» sont maintenant monnaie courante…

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