L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) est la seule organisation internationale qui participe à une gestion multilatérale, voire mondiale, des migrations internationales.  Selon un article récent du Washington Post (3 février 2018), la Maison-Blanche vient de choisir un candidat anti-musulman pour l’élection à la direction de cette organisation.

Il s’agit de Ken Isaacs qui, toujours selon le Washington Post, a suggéré dans les medias sociaux que la violence fait partie inhérente de la religion musulmane et que les chrétiens devraient recevoir un traitement prioritaire dans les programmes de réinstallation.  Il a de plus nié l’existence des changements climatiques – un des facteurs importants des déplacements de population actuels et futurs.

Rappelons l’importance de l’OIM.  Cette organisation, fondée en 1951, a fait figure de leader mondial dans le domaine des migrations internationales.  Elle travaille étroitement avec des partenaires gouvernementaux et non gouvernementaux.  L’OIM comprend 169 pays membres et des bureaux dans plus de 100 pays.  Son budget actuel est de l’ordre de 1,4G$ US et son personnel est d’environ 9000 personnes.

Ce qui est le plus important, c’est que l’OIM travaille à mettre en place une gestion plus humaine de la migration internationale.   Pour ce faire, elle fait la promotion de la coopération internationale en matière de questions migratoires et fournit de l’assistance humanitaire aux migrants dans le besoin, y compris les réfugiés et les personnes déplacées à l’intérieur des pays.

Depuis plusieurs années, l’IOM reconnait le lien entre la migration et le développement social, culturel et économique.  Elle favorise de plus le droit à la liberté de mouvement et participe activement à la campagne de ratification de la Convention sur la protection des droits des migrants que les pays développés (dont le Canada) refuse de ratifier (voir mon blogue sur les raisons de ce refus).

Enfin, l’OIM est maintenant reconnu pour son slogan « gagnant-gagnant-gagnant » selon lequel la migration, bien gérée, serait gagnante pour les pays de départ, pour les pays d’accueil et pour les migrants eux-mêmes.  Dans le contexte répressif actuel, il s’agit-la d’une avancée cruciale dans la perception positive de la migration.

De 1951 à 2016, l’OIM n’était qu’une agence intergouvernementale en dehors du système des Nations Unies.  Depuis le 19 septembre 2016, elle en fait maintenant partie et jouera un rôle clé dans la mise sur pied du nouveau pacte migratoire lancé lors du Sommet de New York.

Certes, l’OIM n’est pas exempte de critiques, la plus importante étant celle qui l’accuse d’être trop à la merci des pays membres et de faire trop de compromis dans ses programmes.  Même si je partage une partie de ces critiques, on doit  reconnaitre qu’il faut une certaine dose de courage pour continuer à promouvoir une gestion humaine des migrations internationales dans le contexte politique actuel.  À ce titre, elle mérite tout notre support.

Les positions du candidat choisi par le gouvernement américain pour diriger cette institution sont à l’opposé de ce qu’elle représente.  Si la menace de cette nomination est réelle, il faut souhaiter que les 168 autres pays ne s’y laisseront pas prendre et ne voteront pas pour ce candidat.

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