Paul Chiasson/La Presse canadienne

Depuis quelque temps, certains média parlent de crise migratoire au Canada (voir par exemple cette intervention de Mario Dumont à TVA Nouvelles le 6 mai). Pour parler de crise, il faut que deux conditions soient réunies: un flux important de migrants en même temps que le refus de les accueillir. Ni l’une ni l’autre de ces conditions ne sont présentes au Canada. Il n’y pas de crise migratoire au Canada.

D’abord les chiffres. Dans la nouvelle citée ci-haut, il est dit que «50 000 personnes ont franchi la frontière illégalement l’an dernier seulement.» Il y a deux confusions dans cette statistique. Premièrement, il s’agit de 50 000 demandeurs d’asile (en 2017) dont près de 60% sont entrés de façon régulière. Deuxièmement, il est inexact de parler d’entrées illégales quand il est question de demandeurs d’asile.

Rappelons qu’en 2001, il y a eu près de 45 000 demandeurs d’asile. Y a-t-il eu catastrophe?

Ensuite la réponse politique. Outre la demande d’un député conservateur au Parlement du Canada d’expulser les Nigérians, ou celle du chef du Parti québécois d’ériger un mur ou une clôture sur la route de Roxham, il n’y a pas, pour le moment, de mesures pour fermer les frontières du Canada aux migrants comme c’est le cas en Europe. En fait, le débat devient une occasion d’affrontement fédéral-provincial autour des gros sous: qui va payer la note?

Et l’aspect humain dans tout cela? La première réaction devrait être de se demander qui sont ces êtres humains derrière les statistiques. Il faut savoir que les demandeurs d’asile proviennent de pays en guerre, où des conflits violents et des persécutions forcent la sortie de milliers de personnes: Irak, Colombie, Burundi, Pakistan, Syrie, Érythrée, Turquie, Nigéria etc. Ce sont là les principaux pays d’où sont provenus les demandeurs d’asile au Canada en 2017.

La crise n’est pas migratoire, elle est politique.

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