The Associated Press

Dans mon dernier blogue, j’ai discuté des mesures que la plupart des États riches ont adoptées pour tenter d’enrayer les flux de migrants irréguliers et de réfugiés en érigeant une forteresse. La construction de cette forteresse est basée sur l’idée que les politiques restrictives et répressives vont réduire le volume de ces formes de migrations non souhaitées.

En fait, il n’y a aucune preuve que ce type de politiques est vraiment efficace. Au contraire, tout indique que c’est le contraire. D’abord, en ce qui concerne les migrations irrégulières, ces politiques sont plutôt «contre-productives»: elles interrompent la circulation en décourageant les retours au pays et poussent les migrants à vouloir s’installer de façon plus permanente, y compris de façon irrégulière. N’oublions pas que la majorité des migrants irréguliers sont entrés de façon régulière. Les contrôles à la frontière n’ont donc pas d’emprise sur ceux-ci.

Ensuite, malgré que ces politiques sont en place depuis au moins une quinzaine d’années, on constate que les flux de réfugiés demeurent toujours importants aujourd’hui. Le nombre de réfugiés et de déplacements internes à la suite des conflits dans le monde a atteint un nouveau record en 2017 (voir le rapport du 19 juin 2018 de l’Organisation des Nations unies (ONU)).

Comme on le constate chaque jour, ces politiques migratoires ne réussissent pas à décourager les migrants qui sont nombreux à tenter de traverser la mer et les déserts à leurs risques et périls. Tant que les conflits violents continueront à sévir dans une bonne partie du continent africain, au Proche et Moyen-Orient et en Amérique Centrale, conflits auxquels participent les mêmes pays qui refusent d’accueillir les migrants produits par ces conflits, et tant que les régimes économiques et politiques répressifs continueront de concentrer la richesse dans les mains d’une élite restreinte, enlevant ainsi tout espoir pour les jeunes de trouver un emploi, les candidats et candidates à l’émigration forcée continueront de se multiplier et de frapper à la porte des pays riches.

On peut donc se demander à quoi servent les milliards de dollars engloutis chaque année dans les instruments de la répression au nom de la sécurité nationale.

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