The Associated Press Des migrants à bord de l'Aquarius, en juin 2018.

Non, les demandeurs d’asile ne constituent pas un fardeau économique pour les pays d’accueil, selon une étude récente publiée dans la revue Science Advances (20 juin 2018). Le grand mérite de cette recherche est de distinguer les flux migratoires en tant que tels des flux de demandeurs d’asile. Les résultats sont clairs: l’impact économique est positif.

Quelques mots sur le contexte de l’étude. Les données statistiques utilisées portent sur 15 pays de l’Europe de l’Ouest entre 1985 et 2015. Les pays choisis sont l’Autriche, la Belgique, le Danemark, la Finlande, la France, l’Allemagne, l’Irlande, l’Islande, l’Italie, la Norvège, l’Espagne, la Suède, le Portugal et la Grande-Bretagne. Ensemble, ces pays reçoivent la majorité des demandes d’asile en Europe (89% en 2015), ce qui rend les résultats particulièrement significatifs.

Pour mesurer l’impact macroéconomique, les auteurs utilisent deux indicateurs: le produit intérieur brut (PIB) et le taux de chômage. Ils incluent également des indicateurs de finances publiques pour mesurer l’impact fiscal.

Les résultats montrent que les flux de demandeurs d’asile augmentent de façon significative le PIB, diminuent le chômage et améliorent la balance des finances publiques.

Les auteurs concluent: «Nos résultats suggèrent que la soi-disant crise migratoire affectant présentement l’Europe ne va pas provoquer de crise économique, mais va plutôt représenter une opportunité économique.»

Cela me fait penser au titre d’un article de la revue The Economist qui, au moment du plus fort de la crise (27 août 2015), disait: «Let them in and let them earn» (Laissez-les entrer et laissez-les gagner de l’argent).

Évidemment, comme l’affirment les auteurs, ces résultats de nature économique ne signifient pas que les flux de demandeurs d’asile ne posent pas de défis de nature politique. Toutefois, reconnaître le bien-fondé de ces résultats permettrait des débats plus sereins fondés sur des faits plutôt que sur le cliché que l’accueil de réfugiés constitue un fardeau économique. Ainsi, on n’entendrait plus des affirmations telles que «nous n’avons pas de place pour un seul réfugié de plus» ou encore «notre seuil d’accueil est dépassé».

Comme je l’ai mentionné au début, les résultats de cette étude sont particulièrement importants parce qu’ils s’adressent directement à l’impact des migrations de refuge. Cela dit, l’étude montre que les impacts économiques positifs sont valables aussi pour les migrations en général. Ces résultats ne doivent pas surprendre, car des travaux récents de grande envergure vont dans le même sens. J’en mentionne deux ici: le dernier rapport de l’OCDE (2013) et la magistrale revue de littérature publiée en 2017 par «The National Academies of Sciences, Engeneering and Medecine» aux États-Unis.

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