MU Architecture L’architecture de la tour baptisée Riverwalk Residence a été inspirée des bateaux à voiles, symbole de liberté et de prestige, selon ses concepteurs.

Les visées internationales de nos architectes québécois ne cessent de prendre de l’ampleur depuis quelques années.

Ce qui les pousse hors de nos frontières? Un marché provincial trop restreint, des difficultés à accéder à la commande publique et une expertise québécoise en demande ailleurs sur la planète. Les raisons sont multiples.

Le plus important cabinet québécois, Lemay, a par exemple déployé des ressources jusqu’au Moyen-Orient et en Haïti afin d’élargir son carnet de commandes. ACDF, basé dans le Mile-End, a pour sa part réussi à étendre ses tentacules jusque sur la côte ouest canadienne, signant des contrats totalisant des centaines de millions de dollars.

Et voilà qu’un plus petit joueur, comptant à peine huit employés au cœur du Plateau, tente actuellement sa chance à l’extérieur de nos frontières en exportant sa créativité… en Floride!

«Les Québécois sont très nombreux là-bas, explique le cofondateur du cabinet MU Architecture, Jean-Sébastien Herr. Et ce sont souvent des gens retraités ou des chefs d’entreprise qui ont un pied-à-terre en Floride, qui ont beaucoup d’argent à investir, mais qui ne veulent pas forcement travailler en anglais ou avec des architectes américains. Ils souhaitent plutôt encourager les architectes de chez nous.»

La Floride, particulièrement Miami, est un endroit de plus en plus prisé par les architectes du monde entier. De grands noms, comme le Danois Bjarke Ingels ou le réputé cabinet britannique de feu Zaha Hadid, tentent de s’immiscer dans ce marché immobilier en pleine effervescence.

Une seule visite dans le sud des États-Unis, lors d’une mission commerciale, aura suffi à l’architecte et à son associé, Charles Côté, pour établir des liens avec des investisseurs, dont un Montréalais aux poches très profondes qui désire rester dans l’ombre. Ce dernier a mandaté MU Architecture pour dessiner une tour de 42 étages à Fort Lauderdale, dont la valeur est estimée entre 75 et 90 M$, soit le contrat le plus lucratif de l’histoire de la jeune boîte.

L’objectif: créer un complexe résidentiel et récréotouristique vertical, destiné à un public retraité et bien nanti, qui combinerait plus de 300 unités d’habitation, des bars, des restaurants, un petit théâtre, des lounges et même des soins infirmiers.

«L’expérience qu’on a dans le domaine hôtelier nous a beaucoup aidés [pour ce mandat], poursuit M. Herr. J’ai travaillé à Vienne et à Dubaï pendant cinq ans et mon associé, lui, à Barcelone. On a travaillé sur des projets d’envergure, comme des hôtels, des resorts et des villas de luxe. La Floride nous permet de remettre la main sur des projets comme ça, qui nous intéressent particulièrement.»

Mais ne construit pas qui veut dans cet État américain. Pour accomplir leur mandat, l’équipe montréalaise a dû s’associer à quelques architectes locaux pour user de leur expertise en construction et en gestion de chantier.

«C’est une question d’assurances, mais également de techniques de construction, qui sont différentes du Québec. Ici, on isole pour se protéger du froid. Là-bas, c’est pour se protéger de la chaleur. Ce ne sont pas non plus les mêmes types de structures, notamment pour se protéger des tornades et des ouragans. Les normes sont très sévères, plus qu’au Québec.»

Reste à voir maintenant si le projet fera tourner des têtes auprès des acheteurs. Une rencontre avec des courtiers immobiliers se tiendra en octobre pour guider la conception de chaque unité résidentielle en fonction des besoins actuels sur le marché du condo de luxe. Si tout se déroule comme prévu, le chantier devrait s’amorcer dans un an, soit en septembre 2017.

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