Google Street View Design actuel de la rue Notre-Dame Ouest, à l’intersection de la rue Rose-de-Lima.

Malgré des travaux d’importance, Montréal a trop souvent la mauvaise habitude de reconstruire certaines rues à l’identique, sans trop se poser de questions sur les améliorations qu’on pourrait y apporter.

De temps à autre, avec un peu de chance, la Ville élargit les trottoirs et ajoute un peu de végétation, mais les modifications sont souvent limitées à des interventions mineures.

Cette mauvaise habitude est tellement ancrée dans les pratiques que l’opposition à l’hôtel de ville avait jugé bon, l’an dernier, de déposer une motion au conseil municipal pour que les élus s’engagent à éviter les reconstructions à l’identique. La motion avait été appuyée unanimement.

Malgré tout, force est de constater qu’il y a encore des failles entre la volonté politique et la pratique sur le terrain. Un bon exemple est celui de la rue Notre-Dame Ouest, dans le Sud-Ouest, qui fera l’objet d’une cure de rajeunissement majeure au cours de la prochaine année entre l’avenue Atwater et la rue Saint-Augustin.

Si ça n’avait pas été du maire Benoit Dorais, qui a dû insister pour repousser d’un an ce chantier afin d’amorcer une grande réflexion sur l’avenir de l’artère avec ses citoyens et ses commerçants, la ville-centre n’aurait pas profité de la reconstruction des infrastructures souterraines pour repenser la configuration de la rue.

«On savait pertinemment que de repousser le chantier allait nous coûter plus cher à l’arrondissement, explique M. Dorais. Comme la rue est finie, on a dû faire beaucoup plus d’entretien cette année, notamment pour refaire le pavage et boucher les nids-de-poule. Mais on savait que ça vaudrait vraiment la peine d’attendre et d’entamer cette réflexion.»

Le temps aura donné raison au maire. Ce qui a été dévoilé au grand public, mardi, a de quoi séduire au plus haut point. Bravo, bravo et encore bravo!

Contrairement au design actuel, qui élève la voiture au stade de roi sur la rue, la nouvelle mouture inverse cette logique : le piéton aura priorité.

À chaque intersection, la rue sera surélevée à la hauteur des trottoirs, envoyant le signal aux automobilistes qu’ils entrent dans une zone piétonne. Le bitume sera d’ailleurs troqué pour du pavé, similaire à ce qu’on peut voir sur la rue Sainte-Catherine, dans le Quartier des spectacles, pour délimiter ces zones. La rue sera également rétrécie aux traverses pour augmenter la visibilité des piétons et permettre l’ajout de végétation.

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Ces saillies végétalisées viendront éliminer quelques cases de stationnement, qui seront remplacées par des supports à vélos (que l’arrondissement gardera en place 12 mois par année). Les cyclistes auront aussi d’ailleurs une place de choix, grâce à une couleur de pavé distincte pour délimiter leur espace de circulation.

Sans oublier que les résidants et les commerçants pourront se réapproprier un bout de terrain délaissé, à l’intersection de la rue Rose-de-Lima : la création d’une place publique permettra la tenue d’événements sporadiques.

Quand on observe le projet, on ne peut venir qu’à la conclusion qu’une reconstruction à l’identique aurait été une grave erreur. Avec le vieillissement de la population, la Ville a le devoir de sécuriser ses artères, ainsi que de protéger ses enfants si elle veut retenir les familles. Sans oublier les commerçants, qui ont besoin plus que jamais de milieux de vie commerciaux inspirants pour stimuler leur développement économique.

Espérons donc que Notre-Dame Ouest fasse école pour de futurs chantiers.

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