Chantal Levesque Vue sur le site repensé de l’Igloofest, en plein montage mercredi.

L’Igloofest vieillit. En beauté, bien sûr, avec l’expansion de ses activités au cœur du Vieux-Montréal, et peut-être – dans un avenir pas si lointain – à l’extérieur de nos frontières 
avec l’exportation de 
ce concept de festival 
de musique électronique en plein air.

Vieillir implique cependant un constant renouvellement de l’expérience des festivaliers, non seulement pour éviter que les mélomanes se lassent d’une édition à l’autre, mais aussi pour attirer de nouveaux publics. Cela passe inévitablement par la rotation des DJ les plus en vogue, mais également par le renouvellement du décor.

C’est pourquoi les organisateurs ont donné, cette année, carte blanche à sept firmes de design et d’architecture montréalaises pour habiller une partie du site, soit l’entrée du quai Jacques-Cartier. Leur défi? Célébrer notre nordicité et le paysage urbain enchanteur du Vieux-Montréal en créant un petit village hivernal à partir d’une réinterprétation de l’igloo.

«Au départ, on voulait inviter différents pays à venir réinventer l’igloo à leur façon pour créer des ponts avec l’étranger, explique Pascal Lefebvre, président et directeur général de l’événement. Mais rapidement, on a réalisé qu’on faisait peut-être fausse route. Comme on célèbre le 375e anniversaire de Mont-réal, on s’est dit qu’on devait plutôt faire appel à nos propres créateurs.»

L’initiative permettra ainsi aux visiteurs d’accéder, durant les six semaines de l’événement, à des installations ludiques plus diverses les unes que les autres.

igloo_gratter

Le passant sera invité, par exemple, à explorer ce qui ressemble davantage à une grotte qu’à un igloo, où il est possible de laisser sa trace en grattant les murs intérieurs, un peu à la manière d’un billet de loterie. Plus on grattera l’installation, plus les couleurs des murs se révéleront.
À un jet de pierre de là, un autre igloo dit «écoresponsable» utilise l’énergie solaire pour son chauffage et son éclairage. Plus loin, une coquille de sapins glacés, formée par le froid, la neige et le vent, permet de donner une seconde vie à des arbres de Noël récemment mis au rebut.

«On est allé chercher des créateurs qui sont habitués à travailler dans l’espace public, mais aussi des jeunes pour leur donner une première chance, indique M. Lefebvre. Avec ce genre de projet, comme avec Luminothérapie au Quartier des spectacles, Montréal est en train de se donner une longueur d’avance en matière d’appropriation de l’espace public.»

La promotion du design local est d’ailleurs depuis des années un élément de l’ADN de l’Igloofest, notamment avec la talentueuse équipe de Design par Judith Portier, qui habille le site du festival depuis maintenant trois ans. L’arrivée du village nordique constitue un autre pas dans cette direction et pourrait éventuellement faire des petits.

«Ces prochaines années, on va vouloir s’étendre dans le Vieux-Montréal, poursuit-il. On va créer des associations avec d’autres joueurs qui offrent d’autres genres d’activités. On veut vraiment créer un produit touristique fort et festif en s’ouvrant à un public qui est moins susceptible de vouloir découvrir la musique électronique. Certaines interventions [comme le village d’igloos] permettent de sortir des sentiers battus et de célébrer notre créativité.»

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