BIG | Bjarke Ingels Group Le projet EuropaCity pourrait attirer en banlieue de Paris jusqu’à 30 millions de visiteurs annuellement.

Design.
Lorsque je vois les promoteurs du Dix30 à Brossard se taper dans les mains avec le succès grandissant de leur vaste temple de la consommation, je deviens drôlement irritable.

Irritable dans ma voiture quand je dois patienter une quinzaine de minutes dans le trafic pour faire à peine 150 mètres dans cet océan d’asphalte. Irritable quand j’ai de la difficulté à faire deux magasins à pied sans manquer de me faire frapper par un véhicule parce que, oups !, la voiture prend clairement le dessus sur le piéton et le cycliste en 2013. Irritable quand je pense que le site de base, un champ, ne présentait aucune contrainte physique aux promoteurs pour bâtir leur fameux village. On aurait pu faire n’importe quoi. N’importe quoi. Et c’est cela qu’on nous présente en bout de ligne ? Grrrrr.

Ah oui, j’oubliais. Irritable également quand je réalise que tous les centres d’intérêts de ce power center prennent vie entre quatre murs : dans une salle de spectacle, dans une boutique, dans un cinéma avec son maïs soufflé. La seule vie extérieure qu’on nous propose se résume à quelques petites terrasses de restaurants, isolées ici et là entre les véhicules. Charmante vie de quartier. Ne cherchez pas une parcelle de verdure pour prendre du soleil ou pour déguster votre lunch: il n’y en a tout simplement pas.

Ce malheureux constat m’a d’ailleurs été rappelé cette semaine en observant l’un des plus récents concepts de la réputée firme d’architectes danoise Bjarke Ingels Group (BIG). Leur EuropaCity, un complexe pharaonique six fois plus vaste que notre Dix30, comptera d’ici 2020 d’innombrable boutiques, un parc d’attraction, des restaurants, des hôtels et des parcs. Un projet de 1,7 milliard d’euros (2,2G$CAN) qui pourrait attirer en banlieue de Paris jusqu’à 30 millions de visiteurs annuellement. À titre comparatif, le Dix30 en attire 12 millions à lui seul.

Mais contrairement à notre fameux power center de Brossard, leur concept semble avoir fait l’objet d’une réflexion beaucoup plus approfondie, notamment sur le plan écologique et de la mobilité. L’ensemble des bâtiments du méga complexe seront unis par une immense toiture verte, qui servira d’espace de repos, de terrains de sport et de terres cultivables pour de l’agriculture urbaine. Un monorail électrique et des pistes cyclables sillonneront également l’ensemble du site pour faciliter les déplacements. EuropaCity sera aussi desservie par une ligne de métro et aura même son accès direct à l’aéroport Charles-de-Gaulle.

Un exemple à suivre ? Je n’irais peut-être pas jusque là. Difficile de cautionner ces villages artificiels qui se bâtissent comme des extra-terrestres en parallèle de la ville où ils s’implantent. Autrement dit, sans réelle synergie avec le voisinage. Sans vision d’ensemble. Mais si on m’offrait le choix, j’opterais volontiers pour le modèle danois.

Et signe que le Dix30 nous impose un design urbain arriéré, ses promoteurs souhaitent maintenant repenser le site pour réduire la place de l’automobile. Détruire pour mieux reconstruire… un projet datant de 2006. Désolant.

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