Marc Cramer Pavillons Claire et Marc Bourgie – Musée des beaux-arts de Montréal

Ils ne sont qu’une dizaine de photographes spécialisés en architecture à pouvoir vivre de leur art au Québec. Quelques dizaines à peine au Canada. L’un des plus réputés, Marc Cramer, m’a ouvert les portes de son atelier.

Son atelier ou sa deuxième maison? Les deux, à vrai dire. Avec une cuisinette, une armoire remplie de chemises pressées et un petit lit sur la mezzanine de son studio, on saisit rapidement qu’il y passe une grande partie de son temps lorsqu’il n’est pas en séance photo sur le terrain.

Marc Cramer est le premier surpris de vivre aujourd’hui de l’architecture et du design intérieur, ayant plutôt œuvré en début de carrière dans l’univers de la mode et de la publicité. Arrivé de la France dans les années 1970 avec seulement 500 $ en poche, il a d’abord été embauché à Montréal par un studio privé, Arnott & Rogers, qui comptait à l’époque près d’une vingtaine de photographes d’origines diverses. Alors que son nom commençait à circuler et qu’il cumulait de plus en plus de contrats, notamment pour l’entreprise de lingerie WonderBra, il était loin de se douter qu’une période creuse, très creuse, l’attendait au tournant des années 1980.

«Avec la tenue du premier référendum [sur la souveraineté du Québec], toutes les agences de pub partaient en Ontario, m’explique Marc Carmer. Ça été catastrophique pour ce genre de studio de photo. Beaucoup de photographes sont partis à l’étranger. Mais moi, je suis resté à Montréal étant donné que mon anglais n’était pas parfait».

Voyant ses économies fondre à vue d’œil, Marc Cramer s’est résolu à accepter une offre provenant de Québecor pour des magazines de décoration intérieure. «Je ne connaissais pas du tout cet univers, me confie-t-il. J’ai appris sur le tas. […] De fil en aiguille, on m’a demandé de faire de la photo d’architecture. Je répondais tout le temps que je n’y connaissais rien, que je ne savais pas si j’étais capable de faire ce genre de chose. Et puis, j’ai finalement accepté un premier contrat». Une décision qui, ne s’en doutant pas, allait changer à tout jamais son parcours professionnel.

Son talent et son professionnalisme lui ont rapidement permis de se tailler une place de choix dans l’univers du design intérieur et de l’architecture. Le bouche à oreille lui a notamment permis de décrocher des contrats pour les plus grandes firmes canadiennes, notamment Saucier-Perrotte basée ici-même à Montréal. Tant en Amérique du Nord qu’à l’international, Marc Cramer voit depuis quelques années ses photos publiées à l’intérieur de nombreux magazines spécialisés, faisant de lui une des figures reconnues au pays. Il a ainsi remporté plusieurs prix pour ses œuvres, notamment le Prix Hommage du Grand Prix du Design 2011.

Malgré cette reconnaissance dans le milieu, rien n’est gagné pour lui. L’émergence de nouveaux (et fréquemment plus jeunes) photographes le force à se surpasser constamment. «On peut parfois perdre un contrat pour 50 $ [face à un autre photographe moins dispendieux], poursuit-il. Mais en bout de ligne, l’architecte qui remporte les concours et qui est publié dans les magazines, c’est celui qui a les meilleures photos». Une formulation bien modeste de Marc Cramer pour me faire comprendre que son expérience dans le métier vaut son pesant d’or auprès de ses clients architectes.

www.marccramer.com

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