Même si le recouvrement partiel de l’autoroute Ville-Marie est inscrit sur la liste des legs du 375e anniversaire de Montréal, on peut se demander si l’échéancier est réaliste pour un projet aussi complexe.

Lorsque vous questionnez à cet effet le pilote du dossier au comité exécutif, Richard Bergeron, son discours ne laisse présager aucun doute. «L’année 2017, c’est toujours l’objectif. Le projet est sur la fast track», m’a-t-il confirmé juste avant Noël.

Il faut dire que d’un point de vue politique, le dossier est évidemment une priorité. Autant l’administration Coderre que le gouvernement Couillard désirent laisser leur marque à l’occasion de l’anniversaire de la métropole. Une année de célébrations qui sera en outre marquée par une campagne électorale, doit-on le rappeler.

Créer un legs de l’envergure du recouvrement, que les Montréalais pourront voir quotidiennement devrait donc marquer l’imaginaire et être payant auprès de la masse électorale. Du moins, beaucoup plus qu’un projet de loi abstrait pour l’électeur moyen. On vient en plus réparer une «erreur» du passé, qui a tristement scindé le tissu urbain du centre-ville, avec un projet qui s’inscrit parfaitement dans l’ère du temps: le verdissement de la métropole et l’ajout d’espaces publics. Sans compter qu’un tel chantier risque d’attirer les regards à l’échelle nationale, voire internationale, si la réalisation est le moindrement ambitieuse et bien gérée.

Par contre, lorsque j’interroge mes sources à la Ville sur le réalisme de cet échéancier politique, le discours diffère quelque peu de celui de M. Bergeron. «Pour 2017, on risque d’avoir uniquement la plateforme qui chevauche l’autoroute, m’a-t-on confié sous le couvert de l’anonymat. Mais il serait surprenant que l’aménagement urbain sur le dessus soit complété avant 2018.»

Une des raisons qui pourraient justifier un certain «délai» dans la réalisation du chantier (en plus de sa complexité, bien sûr) est la mise en place d’un concours de design. Cette option serait sérieusement étudiée depuis plusieurs semaines par l’administration Coderre. M. Bergeron n’a d’ailleurs pas démenti cette information lorsque je l’ai interrogé sur le sujet. «C’est dans nos options. Il pourrait y avoir un concours pour l’ensemble du projet ou pour certains éléments du projet.»

Cela étant dit, que ce legs soit complété ou non pour l’anniversaire de la métropole, espérons simplement que nos élus ne se laisseront pas aveugler par leur programme politique. 2017, ce n’est qu’une date après tout. La vie continuera à Montréal, après le 375e. Si le recouvrement de Ville-Marie est un projet inspirant, les Montréalais seront prêts à patienter jusqu’en 2018… et même jusqu’en 2019 s’il le faut! Prenons donc le temps de bien réfléchir, et surtout, de bien construire.

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