Marc Cramer Un statut de zone touristique permettrait aux commerçants du Village de moduler les heures d’ouverture en fonction des saisons et de l’achalandage.

À l’heure où plusieurs artères de l’île commencent à manquer d’imagination pour stimuler leur activité économique, le Quartier des spectacles (QDS) et le Village gai ont décidé de sortir leur joker.

Ces deux quartiers du centre-ville tenteront au cours des prochaines semaines de convaincre le gouvernement du Québec de leur attribuer officiellement le titre de «zone touristique». Aussi étrange que cela puisse paraître, ce n’est pas le cas actuellement même si le Village gai est la première destination LGBT (lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres) au Canada et que le QDS rayonne constamment à l’international.

Une telle certification leur permettrait non seulement d’obtenir le contrôle sur les heures d’ouverture de leurs commerces en fonction des saisons et de l’achalandage journalier, mais également d’ouvrir leurs portes durant les jours fériés. «Le meilleur exemple, c’est le congé de Pâques, m’expliquait récemment Bernard Plante, directeur de la Société de développement commercial (SDC) du Village. Il y a des milliers de touristes à Montréal pour le Bal en Blanc, dont plusieurs de la communauté LGBT, mais nos commerces sont fermés à cause du congé. C’est un non-sens.»

L’argument tient également la route pour les soirées festives du Quartier des spectacles. «On dépense de grosses sommes pour faire fonctionner les festivals à l’année, poursuit-il. La clientèle est au rendez-vous. Elle est disposée à acheter, mais les commerces doivent fermer leurs portes même si les rues sont pleines. C’est la loi!»

À Montréal, seulement trois secteurs bénéficient du statut de zone touristique : l’Île Notre-Dame, le Quartier chinois et le Vieux-Montréal.

L’idée peut sembler simpliste pour insuffler un peu d’oxygène sur les artères commerciales, mais elle semble faire ses preuves sur le Plateau où on a récemment autorisé l’ouverture de certaines adresses jusqu’à 20 h le week-end. Des commerçants interviewés par ma collègue Laurence Houde-Roy disent avoir vu leur chiffre d’affaires grimper en moyenne de 10 à 20 % grâce à ce projet pilote.

Le Village voit également d’un bon œil cette certification pour augmenter la sécurité et la propreté de ces quartiers très fréquentés, où les actes de vandalisme sont nombreux. «Le monde attire le monde, résume monsieur Plante. Plus nos artères sont vivantes, plus le sentiment de sécurité augmente […] et plus ça devient gênant de faire du vandalisme».

Mais pour le directeur de la SDC du Village, ce statut ne palliera pas l’absence d’un plan stratégique de développement économique pour l’ensemble de l’île. Lui et ses homologues attendent patiemment un tel plan afin de délimiter la spéculation immobilière, protéger les commerçants contre des hausses de loyer salées, et surtout, responsabiliser les propriétaires d’édifices en les impliquant financièrement dans leur SDC locale.

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