Bing Maps La vue actuelle, à vol d’oiseau, des installations de Radio-Canada et du quartier.

Convertir la tour hexagonale en petit hôtel, bâtir des centaines de logements, créer des places publiques animées… Voilà à quoi pourrait ressembler le redéveloppement du site de Radio-Canada.

Ce scénario, surnommé le Quartier des médias, n’est pas une lubie ni un projet universitaire. Au contraire : c’est une proposition étoffée issue d’un consortium d’architectes, d’architectes paysagistes, d’entrepreneurs et de financiers, élaborée à la demande de la Société Radio-Canada (SRC) pour combler différents besoins.

Le premier : rationaliser ses installations dans un nouvel édifice vitré, au coin de René-Lévesque et de Wolfe, avec des espaces de bureaux et des locaux de production de plus petite envergure. Le second : faire disparaître d’immenses stationnements à ciel ouvert afin de donner de la valeur au site et de créer un véritable milieu de vie.

Mais après deux années de travail avec le consortium, la SRC a décidé, l’automne dernier, de mettre ce projet sur la glace, du moins pour l’instant, préférant envisager d’autres options, dont le déménagement de ses activités ailleurs au centre-ville. Les images de ce «Quartier des médias» n’ont donc pas encore été dévoilées publiquement, ce qui aurait pourtant dû être le cas afin de susciter un débat public sur l’avenir de cette portion du centre-ville.

«Abandonner ce site [et déménager], ça serait condamner ce secteur est de la ville à un déclin certain pour au moins deux décennies, affirmait l’architecte Claude Provencher, membre du consortium, dans une lettre ouverte publiée mardi dernier. Radio-Canada doit prendre la mesure de ses décisions du passé et assumer un leadership dans la revitalisation de ce quartier. Ce qu’elle n’a jamais fait.»

Entre vous et moi, difficile de ne pas partager ce constat. Radio-Canada n’a effectivement plus le choix d’assumer son rôle afin d’assurer un avenir décent à son quartier, après avoir expulsé plus de 1 200 résidants sous l’ère Drapeau au nom de la modernité. Quarante ans plus tard, la tour est toujours tristement isolée de son voisinage et n’aura apporté que très peu de valeur au boulevard René-Lévesque sur le plan commercial, malgré ses milliers d’employés. En levant le nez sur son quartier, la SRC ne ferait que transférer le fardeau d’une série de mauvaises décisions urbanistiques aux futures générations.

Il faut donner espoir que dans un horizon de 15 ans, on puisse réaliser ce qu’on a réussi à faire avec le Quartier international, soit un quartier vivant et attrayant. Si on crée un plan d’ensemble intelligent pour le site de Radio-Canada, ça donnera immédiatement une plus-value au quartier. Ça aura des impacts sur la gare Viger, sur le square Viger, sur le CHUM. C’est utopique de penser qu’une vocation monofonctionnelle, comme celle qu’on connaît actuellement, puisse relancer adéquatement le site.

Reste à voir maintenant si l’appel sera entendu par les dirigeants de Radio-Canada. Ira-t-on jusqu’à jeter à la poubelle les milliers de dollars investis jusqu’à maintenant pour élaborer ce «Quartier des médias»? Chose certaine, le terrain de la SRC pourra difficilement prendre de la valeur [et de l’intérêt] aux yeux des Montréalais si on n’y ajoute pas une touche d’amour et une vision.

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