Dévoilé la semaine dernière, le réaménagement majeur de l’avenue Papineau, au nord de l’autoroute Métropolitaine, ne fera certainement pas de tort.

Quiconque ayant déjà circulé dans les environs à pied, à vélo ou en voiture sait à quel point cette «autoroute» est rébarbative, pour ne pas dire dangereuse à plusieurs endroits où le trottoir est carrément inexistant. Et là, je ne parle même pas des crevasses et des nids-de-poule…

Or, la Ville inaugurera, en 2017, la première phase de ce qui deviendra le deuxième plus grand parc de Montréal après le mont Royal, celui du Complexe environnemental Saint-Michel. L’avenue Papineau deviendra une importante porte d’entrée sur ce vaste espace vert, ce qui oblige la Ville à  procéder à des ajustements significatifs si elle veut réussir à accueillir décemment les futurs visiteurs qui y convergeront quotidiennement.

Verdissement, ajout de mobilier urbain, modernisation du système d’éclairage, rétrécissement des voies de circulation, élargissement significatif des trottoirs… Tout y passera. Il ne manque qu’un lien cyclable sécurisé pour protéger les cyclistes.

Mais la plus grande avancée résidera dans une infra­structure que vous ne verrez même pas, qui fera entrer l’artère dans le XXIe siècle : un système de traitement des eaux de pluie directement sur le site. Environ 75 % des eaux pluviales seront conservées sur place au lieu d’être dirigées vers les aqueducs municipaux. Ce système permettra non seulement d’irriguer les nouvelles plantations, mais également de limiter la quantité d’eau envoyée vers l’usine d’épuration.

Ce type de stratégie est encore peu utilisé à Montréal, mais devient progressivement incontournable à l’échelle mondiale pour contrer les effets des changements climatiques, dont l’augmentation des pluies. On aurait beau élargir constamment les aqueducs, ça ne suffirait pas à long terme, étant donné la densification de la métropole, sans compter qu’il faudrait pour ce faire piger des sommes de plus en plus considérables dans nos poches.

Mine de rien, Montréal traite en moyenne, chaque jour, l’équivalent d’un Stade olympique rempli d’eau dans son usine d’épuration. Lorsqu’il pleut, on peut passer à trois Stades olympiques! Près de 60 M$ sortent chaque année des coffres municipaux pour traiter de tels volumes, une somme qu’on pourrait réduire si notre métropole devenait une «ville éponge», avec la multiplication de systèmes comme celui qu’on implantera sur Papineau.

En fait, la Ville devrait étudier systématiquement cette approche pour la majorité de ses infrastructures : places publiques, artères commerciales, parcs, trottoirs… Cela permettrait d’éviter les surcharges d’aqueducs, qui finissent par polluer nos cours d’eau et inonder nos sous-sols lorsque le réseau ne répond plus à la demande.

À Rotterdam et à Copenhague, par exemple, des bassins de rétention d’eau ont été camouflés dans le design de places publiques et de terrains sportifs, qui se transforment en petits lacs artificiels quand tombent des pluies soutenues. L’eau retenue dans ces bassins est partiellement absorbée par l’aménagement paysager, alors que l’excédent est envoyé progressivement vers les aqueducs une fois le soleil de retour. Ce design urbain, simple et efficace, allège la pression sur les infrastructures souterraines, en plus de sensibiliser le public à la gestion des eaux. Au tour de Mont­réal d’explorer davantage ce concept.

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