Cédant à la pression des pairs sur les réseaux sociaux, je me suis résignée à prendre des résolutions pour 2017. Et, suivant les recommandations de certains lecteurs m’implorant de voir la vie d’un bon œil, «au lieu de toujours chialer contre toute tout le temps», j’ai décidé que le mot qui teinterait mon année serait «positivité».

Ça se passe déjà très bien! Par exemple, l’autre jour, j’écoutais la télévision, et dans une bande-annonce mettant en vedette 15 hommes blancs, je me suis réjouie de voir qu’on avait pensé à intégrer une femme! Elle arrive à la 19e seconde, sur le t-shirt du 12e homme! En plus, ils ont tenu compte de la diversité, incluant toutes sortes d’hommes dans la publicité: des vieux, des jeunes, des gros et Patrice L’Écuyer. On peut vraiment dire que 2017 sera l’année de la diversité corporelle.

Même les réseaux sociaux m’apparaissent moins irritants. Hier, un internaute commentait un reportage portant sur un homosexuel syrien ayant trouvé refuge au Canada en disant qu’«Aumoin il va se reproduire moins vite que les autres immigré» [sic]. Avec ma nouvelle façon positive de voir les choses, je me suis dit que c’était déjà plus inclusif que l’expression «retourne dans ton pays».

C’est sûr que l’année 2016 a fini raide avec l’élection de Trump, mais dorénavant, chaque fois qu’on voudra dénoncer des inégalités au Québec ou au Canada, on pourra se dire qu’au moins, on n’est pas aux États-Unis. Il faudra bien se réjouir d’avoir accès à l’avortement, aux congés parentaux et à des soins de santé gratuits (à défaut d’être accessibles), pendant qu’une génération de jeunes féministes se développera au sud de la frontière en réaction aux «vrais problèmes», mis en lumière par les écarts de conduite spectaculaires de leur président.

Parlant de Donald Trump, le plus récent billet de l’inspecteur viral prédisait qu’en 2017, la droite conservatrice s’approprierait de plus en plus le concept de fausse nouvelle, accusant les reportages qui lui déplaisent d’être fabriqués de toutes pièces. Ben tsé, tout ça, au fond, ça rend la partie plus facile. S’il n’y a plus rien de vraiment vrai, ni rien de vraiment faux, tout est égal pour tout le monde, plus besoin de nous forcer nous non plus pour trouver de vraies informations pour étayer nos idées.

On pourra donc nous aussi lancer nos sites de propagande progressiste, annonçant qu’un complot masculiniste vise à insister sur l’échec scolaire des garçons pour détourner l’attention de l’iniquité salariale qui touche encore les femmes, mêmes les plus scolarisées (à peine une exagération), ou encore que le gouvernement pourrait abaisser l’aide sociale jusqu’à 403$ (ah non fichtre, ça c’est vrai). Et on se gâtera en pièges à clics avec des titres du genre  «Vous ne devinerez jamais qui a gardé son emploi après avoir été accusé de harcèlement sexuel».

2017, t’es déjà parfaite.

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