Dimanche soir, lors de la cérémonie des Golden Globes, Jodie Foster a révélé son homosexualité au grand public. L’actrice qu’Hollywood voit évoluer depuis 1966 a aussi revendiqué le droit de protéger sa vie privée.

Rien d’incompatible à mon avis.

Lorsqu’on parle du coming out des personnalités publiques, il y en a encore pour avancer l’argument selon lequel ce qui se passe dans la chambre à coucher devrait rester dans la chambre à coucher. À ce compte-là, je suis bien d’accord et je souhaite à Jodie Foster toute la vie privée qu’elle mérite. Personne, sauf quelques tordus, ne veut vraiment savoir ce qui se passe dans votre lit.

Être homosexuel, toutefois, dépasse largement le cadre de la chambre à coucher. Les gens ne se réduisent pas à leurs pratiques sexuelles, et être homosexuel, c’est, au risque de sonner kétaine, tout simplement être.

Qu’on soit un homosexuel amoureux, une mère lesbienne ou un célibataire bisexuel, ça ne devrait pas nous empêcher de jouir des mêmes privilèges que les hétérosexuels. L’un de ces privilèges, c’est de pouvoir parler librement des petites choses de la vie, comme de ce que nous avons fait en fin de semaine.

C’est aussi pouvoir parler des grandes choses. Est-ce révéler tant de vie privée que ça que de dire que nous allons nous marier, avoir des enfants, nous acheter une maison? Il s’agit pourtant là d’informations que la plupart partagent sans trop se poser de questions. Dit-on d’un directeur d’école qu’il étale sa vie privée de façon indécente parce qu’il affiche dans son bureau une photo de lui, de sa charmante épouse et de ses enfants?

Évidemment, chacun révèle bien ce qu’il veut et il se trouve, même parmi les hétéros, des êtres des plus pudiques. Être une vedette, j’aurais tellement peur de trouver une photo de ma sale gueule en une avec la mention «SÉPARÉE» dans une étoile que je me garderais sûrement de révéler quoi que ce soit à un journal à potins.

Le show-business étant ce qu’il est, rares sont les couples de vedettes qui arrivent à garder leur union secrète. Il suffit que Claude Legault embrasse Marie-Chantal Perron dans un gala pour que la machine à rumeurs s’emballe. Si ça se trouve, la vie privée des vedettes homosexuelles est mieux protégée. Une sorte de tabou fait en sorte que lorsqu’un potin concerne l’une d’elles, on n’en parle pas. Un privilège homosexuel, j’imagine.

Quoi qu’il en soit, dimanche soir, Jodie Foster ne voulait qu’une chose : remercier la mère de ses deux fils «de père inconnu». Hétéro ou homo, n’importe qui aurait fait la même chose. Mais alors que 800 000 Français venaient de manifester pour que les homosexuels n’aient pas le droit de fonder une famille comme la sienne, Jodie Foster a peut-être fait un peu plus que révéler un pan de sa vie privée. Et ça n’avait rien à voir avec ce qui se passe dans sa chambre à coucher.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro

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