J’attends avec impatience les Jeux olympiques de Sotchi. D’abord parce que j’adore les valeurs olympiques, comme la paix, l’accessibilité, l’esprit sportif, la santé, l’éducation, le dépassement de soi. Mais aussi parce que, puisqu’on constate l’incompétence à peu près 365 jours par année, j’aime voir, pendant deux semaines tous les deux ans, une surreprésentation des personnes les plus performantes sur terre. C’est inspirant. Y a rien comme une épreuve de biathlon pour vous donner la motivation nécessaire pour déplacer des montagnes (et/ou revoir la pertinence de votre routine de squats). Et parce que j’aime ça, avoir la chair de poule.

D’aucuns pourraient croire que les lois homophobes récemment votées par la Russie me placent en dissonance cognitive avec mon intérêt pour les Olympiques. Mais non. Alors que toutes les propositions semblent avoir été formulées pour punir les autorités russes d’avoir bafoué les droits de l’Homme – du boycott de la vodka au transfert des Jeux olympiques à Vancouver (espérez toujours), en passant par l’option de faire un gros wedgie à Vladimir Poutine –, j’attends quand même impatiemment la tenue des Jeux à Sotchi.

Pour y arriver, je me suis imaginé une situation semblable à l’échelle familiale. Mettons que cette année, Noël avait lieu chez mon vieil oncle homophobe (j’ai pas ça, un vieil oncle homophobe, mais mettons que j’en avais un). Chez nous, Noël, c’est aussi important que les Jeux olympiques pour Alexandre Bilodeau. Boycotter Noël me pénaliserait (mais surtout, ça pénaliserait mes neveux et nièces parce que c’est moi qui fais les plus beaux cadeaux). Proposer de faire ça ailleurs diviserait sûrement la famille. Boycotter le punch de mon oncle lui passerait six pieds par-dessus la tête.

En fait, presque n’importe quelle action aurait pour effet d’accorder trop d’importance à ce que mon oncle pense de ma situation matrimoniale. Sauf l’action de me présenter avec ma blonde et de montrer que des lesbiennes, ça fait des maudits beaux cadeaux.

Évidemment, la situation des gais en Russie dépasse de loin la simple querelle familiale, mais je crois que vous comprenez le principe. La meilleure façon d’honorer les valeurs olympiques, ce n’est pas en boudant de notre côté, mais en montrant que la solidarité, l’acceptation des différences et la liberté d’expression, c’est mieux. J’attends donc impatiemment la cérémonie d’ouverture et j’espère que tous, gais, ou pas gais, montreront leur soutien à la cause homosexuelle. Je souhaite que les jeux russes soient les plus gais de l’histoire. Mon désir de chair de poule sera alors comblé.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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