S’il y a une leçon à retenir de l’affaire Tania Longpré, c’est qu’on ne naît pas personnalité publique, on le devient. Deux ans avant de devenir candidate péquiste dans Viau, la professeure de francisation n’avait pas de mots doux pour le parti qui l’a aujourd’hui adoptée comme «poteau».

On oublie parfois qu’à l’époque, peu de membres du PQ avaient foi en leur parti et que plusieurs ont quitté le navire à ce moment précis. Mais cela ne saurait atténuer les propos de Mme Longpré, qui parlait alors affectueusement d’un «nid de vipères», dont l’obsession des garderies était simplement une «connerie» et dont la chef devait «retourner jardiner».

J’ai commencé à suivre Tania Longpré sur Facebook peu avant qu’elle ne devienne connue grâce à son blogue au Journal de Montréal. Ne partageant pas la plupart de ses positions, j’y ai vite vu une interlocutrice hostile réagissant parfois sur les réseaux sociaux avec une passion primaire et une partisanerie pas toujours digne d’une personne qui possède une large tribune.

La réalité n’est jamais toute noire ou toute blanche, mais, j’avais alors placé la recrue du journal du côté obscur en attendant de mieux comprendre le personnage.

Puis, j’ai vu la professeure de francisation intervenir dans le documentaire La Langue à terre, un film militant ayant visiblement pour but de nous effrayer au sujet de l’avenir du français au Québec. Au milieu de vieux militants hargneux, tant du côté des francophones que des anglophones, Tania Longpré, avec sa bouille sympathique et son analyse avisée y passe pour une modérée. Lorsqu’elle parle de ses élèves, on ressent même quelque chose comme de l’amour.

Curieuse, je me suis procuré son livre, Québec cherche Québécois pour relation à long terme, un essai sur l’intégration des immigrants. Le discours de Tania Longpré sur l’immigration y semble parfois fermé. Par contre, on n’a pas le choix d’accorder au moins un peu d’attention à celle qui travaille en première ligne pour accueillir les immigrants. La nuance et la pertinence des propos compris dans son essai contrastent dramatiquement avec l’impétuosité du personnage sur les réseaux sociaux.

Cela me convainc d’une chose : certaines personnes sont plus habiles que d’autres pour se présenter au public sous leur meilleur jour. Pourtant, en 2013, avec les réseaux sociaux, nous sommes tous, ou presque, des personnalités publiques. Nous devrions tous faire gaffe à ce que nous écrivons publiquement, sachant que rien n’est vraiment privé, à partir du moment où c’est publié sur l’internet.

Pensez-y avant de tenir des propos peu nuancés ou d’écrire avec désinvolture qu’untel est un triple con. D’abord, par respect, mais aussi parce qu’on ne sait jamais : vous pourriez passer de Monsieur et Madame Tout-le-Monde à «embarras pour un parti» plus vite que vous ne le pensez. À ce moment-là, le public, lui, ne vous jugera pas avec nuance.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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