Jusqu’à maintenant, si vous doutiez que les mesures d’austérité touchaient particulièrement les femmes, on pouvait encore considérer que vous vous faisiez l’avocat du diable. Un avocat particulièrement véreux, mettons. Après tout, c’est vrai que l’accès à des services de garde abordables, des emplois dans la fonction publique, une Commission pour s’assurer que l’équité salariale soit respectée, ou des programmes de promotion des sciences chez les filles ne sont pas les SEULS facteurs favorisant l’emploi et l’équité salariale chez les femmes.

Convenons que mises bout à bout, ces mesures amputées par le gouvernement Couillard démontrent que les priorités des libéraux, les «vrais affaires», sont plutôt des affaires d’hommes. Et maintenant, avec les coupures de 60% de leur budget aux organismes aidant les femmes parmi les plus vulnérables à intégrer le marché du travail, si vous pensez encore que l’austérité ne cible pas spécifiquement les femmes, on pourra légitimement vous accuser de sombrer dans le déni.

L’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) démontrait noir sur blanc comment les mesures de relance des dernières années favorisaient particulièrement les hommes alors que les restrictions budgétaires frappaient plus directement les femmes.

Évidemment, en «bons pères de famille», les membres du gouvernement expliqueront que ces mesures visent à assainir les finances publiques. Qu’elles sont nécessaires pour assurer l’équité intergénérationnelle. Pendant ce temps, les mesures qui paraissent les plus frustrantes pour le citoyen moyen, la retraite dorée de Thierry Vandal, la prime de départ d’Yves Bolduc, ou le financement du Grand Prix, en ce qui me concerne, semblent favoriser particulièrement des monsieurs, de bons pères de familles, sans aucun doute. Il n’y a probablement pas de lien de cause à effet entre le demi-million qu’on versera dorénavant chaque année à Thierry Vandal jusqu’à sa mort et les 700 000$ retirés aux organismes venant en aide aux femmes, mais il y a certainement un lien de cause à perception. Si tous sont appelés à faire leur part pour renflouer les coffres de l’État, force est d’admettre que certains sont plus appelés que d’autres.

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