Le fait d’avoir des enfants rend-il l’humain moins intelligent et apte à prendre des décisions éclairées? La réponse est non, bien évidemment. Pourquoi alors le gouvernement conservateur tente-t-il ainsi sa chance en sortant le gros cash pour sa clientèle électorale préférée, les familles de la classe moyenne, avec une prestation bonifiée pour la garde d’enfants? Voilà quelque chose de bien insultant pour ces personnes qui travaillent fort, qui courent après leur queue pour concilier travail et vie de famille et à qui il reste sûrement bien peu de temps pour se pencher sur la gouvernance du pays. Il y a plusieurs autres raisons de s’opposer à cette manigance clientéliste.

La plus évidente est que, bien qu’elle bénéficie clairement aux conservateurs, cette annonce, faite à quelques jours du déclenchement des élections, échappe à la loi encadrant les dépenses électorales. Mais de toute façon, c’est bien pire qu’une dépense électorale, c’est une dépense gouvernementale, faite avec l’argent de tous les citoyens. Quand vous voyez les grosses faces de Steven Blaney et de Pierre Poilievre à côté de la machine à imprimer des chèques, ou quand vous interceptez une énième pub de famille contente de recevoir son chèque à l’heure de Pénélope, ce sont vos impôts qui ont payé cette grosse promotion du parti conservateur.

Les publicités de la Prestation universelle pour la garde d’enfants (PUGE) bonifiée vous disent que vous avez droit à ce montant, peu importe votre revenu. C’est faux. À moins de faire en deçà de 20 000 $ par année, votre famille devra rembourser une partie de ce chèque, grugé par les impôts. Mais ne vous en faites pas, vous n’aurez à rembourser cette somme qu’APRÈS les élections. Commode. Ce qui rend cette tactique plus électoraliste encore, c’est qu’un crédit d’impôt remboursable aurait été une vraie aide aux familles, et non un cadeau empoisonné les incitant à dépenser de l’argent qu’elles n’ont pas vraiment. Une vraie belle surprise au mois d’avril, mais d’une telle inutilité d’un point de vue partisan.

Finalement, la PUGE, en tant que telle, a quelque chose d’insidieux. Cette «prestation universelle» est issue d’une mentalité en soi conservatrice. On présente ça comme un moyen pour les familles de décider elles-mêmes de la façon dont elles feront garder leurs enfants. On met bien l’accent sur l’autonomie des familles dans leur prise de décision. Dans les faits, ce type d’aide encourage – davantage qu’une mesure comme les garderies subventionnées, par exemple – l’un des deux parents, plus souvent la mère, à rester à la maison. En fait, après le crédit d’impôt, l’une des clientèles à qui la PUGE bonifiée bénéficiera le plus sont les parents dont l’écart salarial est le plus important, soit, le plus souvent, le modèle traditionnel qui plaît tant aux conservateurs. Ça aussi, c’est bien commode.

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