Depuis quelques jours, des fins finauds s’amusent à modifier les titres d’articles de nouvelles dans Facebook afin de démontrer comment les internautes sont dupes lorsqu’ils partagent des textes en n’ayant lu que le titre rire du monde. Ainsi, dans les derniers jours, plusieurs personnes ont partagé, satisfaits, un texte dont le faux titre était : «Guy Turcotte agressé sexuellement par deux co-détenus». Des commentaires tels que «bien fait pour lui» ou encore «j’ai-tu le droit d’être contente?» révélaient que la vraie nouvelle, vieille de quelques jours déjà et faisant simplement mention de la triste soirée où Olivier et Anne-Sophie ont perdu la vie, n’avait pas été lue. Tout ce cirque a donné lieu à de grands moments de pertinence internet et aux 15 minutes de gloire d’un troll content de lui-même.

L'auteur de la plaisanterie, content.

L’auteur de la plaisanterie, content.

On ne rappellera jamais assez l’importance de lire rigoureusement les articles que vous partagez sur les réseaux sociaux. Il en va de votre crédibilité (ça, à la limite, ça vous regarde), mais aussi de la santé du climat social.

Voici quelques vérifications d’usage à faire avant de partager un article sous le coup de l’émotion :

  1. La date : vous êtes triste d’apprendre le décès de Paul Buissonneau? Rassurez-vous, en vérifiant la date de la nouvelle, vous réaliserez que votre émotion est en retard d’un an;
  2. La provenance : vous êtes outrés d’apprendre que le Ministre Blais veut interdire la fête de Noël dans les garderies du Québec même si cela ne relève pas de sa compétence en tant que ministre de l’Éducation? Si vous aviez vérifié la nature du site partageant cette information, vous auriez compris qu’il s’agissait d’une fausse nouvelle;
  3. L’article : Au pire, lisez l’article. Si l’article ne fait pas mention de ce qui est dans le titre, si les déclarations faites par les ministres ne relèvent pas d’un français soutenu, si l’information semble trop grosse pour être vraie, ce n’est sûrement pas une vraie nouvelle.

En 2016, il faudra redoubler de vigilance, alors que même des médias sérieux partagent des nouvelles qui n’en sont pas toujours. Faisant un suivi sur son «reportage», TVA Nouvelles a dû se rendre à l’évidence : le sapin de la discorde de la SAQ d’Outremont n’était qu’une vilaine blague, ce que n’importe quel lecteur un peu critique avait déjà compris. Parfois, les titres des médias les plus sérieux portent à confusion. Ainsi, La Presse reportait récemment que Justin Trudeau avait fait un «parallèle entre Trump et la Charte des valeurs», ce qui est, convenons-en, exagéré. Or, quand on lit l’article, on réalise que c’est plutôt le journaliste qui procède au dit parallèle. Justin Trudeau semblait simplement vouloir dire : «Écoutez, gang, si j’étais contre la Charte des valeurs, qui était à des années lumières des propositions de Donald Trump, imaginez comment je m’oppose à celles-ci».

Pour 2016, souhaitons-nous collectivement un peu plus d’esprit critique.

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