Hier, c’était le Jour de la Terre.

Des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Montréal pour terminer en formant un arbre géant. 125 000 personnes selon les estimations de La Presse. 300 000 selon les organisateurs.

Prenez le chiffre que vous voulez, ça fait du monde. Il n’y a peut-être pas de « printemps érable » en marche, mais il reste tout de même que, deux fois en quelques semaines, plus de 100 000 personnes ont fait l’effort de quitter leur Lay-Z-Boy pour une cause qui était plus grande qu’eux… et qui, ahem, n’impliquait pas le retour d’une équipe de hockey professionnel (la dernière manifestation d’importance avant celles-là, c’était la marche bleue…).

N’empêche, je reste sur mon appétit. J’ai lu tout ce que j’ai pu trouver sur l’événement et ses retombées, j’ai l’impression que la plupart des manifestants ont recommencé ce matin à boire leur café plus ou moins équitable, à trop consommer et jeter, et à ne pas assez recycler.

J’ai vu des gens contre le gaz de schiste, le Plan Nord et le gouvernement Charest, pour le protocole de Kyoto et contre le gouvernement Harper… et contre la hausse des frais de scolarité.

J’ai lu la déclaration sur le site du 22 avril. C’est assez difficile d’être contre. Disons que ça rassemble un paquet de beaux principes sur la gestion responsable que nous devrions faire de notre environnement immédiat, de la province et de la planète en général.

Ça me semble aussi un peu facile. Il est beaucoup plus aisé de s’entendre sur des principes que sur leur application. Gabriel Nadeau-Dubois et Line Beauchamp sont tous deux également convaincus du principe de l’accessibilité à l’éducation supérieure. La grève étudiante dure depuis plus de deux mois…

J’aurais aimé quelques demandes plus spécifiques pour le Jour de la Terre. J’aurais aimé voir 125 000 (ou 300 000) personnes manifester pour qu’on augmente la taxe sur l’essence, afin de financer le transport en commun, même si ça va sortir de leurs poches dans un premier temps; qu’on demande à moduler l’immatriculation d’une automobile proportionnellement à sa consommation; qu’on réduise la fréquence de la cueillette des ordures ménagères, même si c’est un peu de trouble, et qu’on augmente celle du recyclage, et qu’on introduise à Montréal celle du compost; qu’on augmente la consigne afin d’éviter que des millions de contenants se retrouvent inutilement au dépotoir, et qu’on introduise celles des bouteilles de vin; qu’on augmente la tarification de l’électricité pour nous tous, afin d’encourager une consommation plus responsable et d’arrêter d’avoir sans cesse besoin de plus de barrages, et que peut-être on puisse un jour se passer de Gentilly-2.

J’aurais aimé qu’on manifeste pour passer un peu moins de temps chez Wal-Mart, et un peu plus à jouer dehors.

Pour l’instant, c’est un peu mieux que l’enfer, mais ça ne va pas beaucoup plus loin que les bonnes intentions.

À l’an prochain…

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