Au cours de sa vie, un Canadien sur cinq sera touché par la maladie mentale, selon l’Institut de recherche en santé du Canada. Peu importe la forme sous laquelle elle se manifeste, cette problématique peut avoir des répercussions considérables sur l’ensemble des sphères 
de la vie.

L’intimité sexuelle est loin d’être épargnée, mais son existence reste malheureusement trop souvent mise en sourdine en raison de tabous tenaces. Il convient d’apporter une nuance sur un point essentiel : toute personne aux prises avec une maladie mentale a droit à l’expression significative de son intimité sexuelle, si l’envie est sincèrement présente (et que celle-ci ne met pas, selon le degré de gravité du diagnostic, sa vie ou celle d’autres 
personnes en danger).

Certes, prise de médicaments et dysfonctions sexuelles (terme regroupant les troubles du désir, de l’excitation, de l’orgasme, ou la présence de douleurs pendant les rapports sexuels) entretiennent souvent des liens très étroits. Toutefois, il est faux de croire que la sexualité des personnes aux prises avec une maladie mentale devrait automatiquement être mise en veilleuse.

Déjà chez une personne en parfaite santé, la sexualité est très exigeante et fragile. Elle demande des efforts, nous confronte à notre propre vulnérabilité et nous place souvent hors de notre zone de confort. Aller à la rencontre de l’autre, apprendre à se comprendre mutuellement en termes de besoins et de limites devient d’autant plus difficile lorsque la maladie prend les rênes!

Cela dit, lorsque le désir est au rendez-vous, comment parvient-on à le faire vivre? En redéfinissant la sexualité au-delà de son expression génitale.

La sexualité est un concept en constante évolution qui va bien plus loin que la simple rencontre des corps. Elle existe sous forme de pensées, de fantasmes et de désirs qui s’expriment à travers le plaisir des sens, donné, reçu ou procuré par soi-même. Vécue et consolidée par nos valeurs personnelles, nos attitudes ainsi que nos comportements, l’intimité sexuelle nous permet de partager un lien affectif privilégié avec les autres.

Notre intimité sexuelle construit aussi notre identité, enrichit notre personnalité et possède même le pouvoir d’augmenter notre estime de soi. Comme elle est également une composante importante de notre être ayant le pouvoir de nous protéger de plusieurs maux, n’est-ce pas là une précieuse source de bien-être physique et psychique à ne pas banaliser?

Les personnes atteintes d’une maladie mentale ont le droit d’être accompagnées dans l’apprentissage et l’expression des dimensions affectives et sexuelles de leur vie. Non seulement est-il important de «détabouiser» le sujet, mais il est aussi primordial 
de créer un cadre où une 
communication transparente est possible.

Si la maladie mentale fait partie de votre vie, sachez qu’un sexologue peut réellement vous aider à développer des moyens pour profiter d’une vie sexuelle et relationnelle plus satisfaisante.

Aussi dans Sexe dans la ville :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!