Samedi soir vers 21h, en face de l’ancien Spectrum, quelques gouttes de pluie nous tombent sur la tête. On s’en fout. À Montréal, du moment que le mercure dépasse les -28, on se dit qu’il fait beau et on reste dehors. Avec les FrancoFolies, l’été 2017 vient officiellement d’être lancé.

Sur la place des Festivals, le fun est pris. Y’a tellement de monde qu’il faudra éventuellement penser à ajouter un deuxième étage au-dessus de la rue Jeanne-Mance. Si vous voulez savoir à quoi ressemble le nouveau visage de Montréal, n’allez pas plus loin, votre réponse, c’est ici même que vous allez l’avoir : il y a maintenant plus de Montréalais venus d’ailleurs que nés ici. Dans leurs bagages, ils ont importé le sens de la fête. Ça paraît.

C’est samedi soir en ville et c’est aussi le week-end du Grand Prix. Pour preuve, dans les journaux, il y a plein de photos de «célébrités» en quête de visibilité qui affichent des sourires larges comme des paddocks. Sur les coins de rue, quelques douchebags se prennent pour des champions de F1 et font crisser leurs pneus. Une bonne fois, faudra peut-être leur dire que pour être pris au sérieux, ça prend malheureusement plus qu’une Porsche louée à 1000$ pour trois jours…

C’est samedi soir et, sous la marquise du magasin La Baie, y’a deux gars et une fille qui jouent des vieux hits des Zombies et des Beatles. Ils sont d’une stupéfiante efficacité.
Montréal, c’est aussi ça: de la vie et de la musique qui continue de résonner hors des limites grands festivals organisés. Seul petit bémol : pourquoi, en passant à côté du rassemblement, les policiers ont fait partir leur sirène pour absolument rien? Grands fous, va! Pas capables d’attendre jusqu’au festival Juste pour rire…

Pour vivre tout ça, il m’a suffi d’à peine 10 minutes, un samedi soir à Montréal. Samedi soir prochain, je reviendrai à la même place, au même endroit.

Bon été tout le monde.

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Dossier municipal #1) À la fin d’avril, le maire Coderre nous l’avait présenté comme étant «Monsieur Fluidité». En principe, vu sa solide expertise acquise au fil des ans à la radio, le mandat de cette nouvelle recrue consistait à coordonner les nombreux chantiers de Montréal, question d’assurer la meilleure circulation automobile possible.

Une noble idée.

La semaine passée, à sa première sortie publique, le message de Monsieur Fluidité aux contribuables fut : «Il n’y a plus rien à faire pour Montréal.» Eh ben… Comme me le rappelait une bonne amie : un expert-conseil, c’est quelqu’un que tu embauches pour en savoir davantage, mais qui va t’emprunter ta montre pour te dire l’heure qu’il est…

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Dossier municipal #2) Une course de Formule E se tiendra à la fin de juillet dans les rues de l’arrondissement Ville-Marie. En plein là où vivent des citoyens qui, incidemment, commencent à en avoir plein le derrière des travaux de repavage qui leur sont imposés 24 heures sur 24 pour rendre la chaussée toute belle.

On se demande si, dans ce qui semble être une irrépressible attirance pour les gros et grands projets, Monsieur le Maire se rappelle qu’il y a aussi des humains qui font partie du paysage… Autrement que pour payer des taxes, genre…

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Le jour où Martine Ouellet devra céder sa place de chef du Bloc québécois – ça devrait péter à la prochaine empoignade –, elle pourra postuler pour décrocher une charge de cours à l’École nationale de l’humour. Une telle maîtrise du comique absurde, il faut absolument que les générations futures puissent en profiter.

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