La chaleur vous rend-elle épais? Ou plutôt, vous sentez-vous supérieurement intelligent en plein hiver à -35 ºC quand vous gelez sur un coin de rue en attendant le prochain bus? Non? Alors, dites-moi, c’est qui le grand penseur qui a statué que notre cerveau devait se mettre automatiquement à «off» pendant la saison estivale?

Partout, on se fait saupoudrer de lectures d’été, de théâtre d’été, de talk-shows d’été ou de films d’été avec la mention sous-entendue que tout se doit d’être tout léger parce que le soleil a finalement débarqué. Entre nous, c’est quoi le rapport?

De mon côté, chaque été, ne me demandez pas pourquoi, j’ai une insatiable faim de cinéma. Pas mêlant, j’irais aux vues tous les soirs. Et systématiquement, quand je regarde ce qui sort de nouveau pour le week-end, c’est le désert. Au programme, j’ai l’impression qu’on ne me propose que des comédies grasses avec les imbuvables Will Ferrell ou Melissa McCarthy, des aventures de superhéros crémées d’effets spéciaux qui font du pif-paf et du wishhh-wouchhh ou alors, ce sont des films d’animation destinés aux enfants et aux adultes qui sont condamnés à les accompagner. Dans tout ça – merci au Beaubien, au du Parc et à la Cinémathèque –, l’offre demeure bien mince. J’ai beau aimer les documentaires et le cinéma d’auteur, vient rapidement le moment où on a fait le tour du jardinet.

En passant, savez-vous ce qu’ont en commun les films Delivrance, American Graffiti, Apocalypse Now, The Untouchables, Dead Poets Society, Forrest Gump et Saving Private Ryan? Ils sont tous sortis en été.

Vous allez me dire que c’était il y a longtemps. Je suis tout à fait d’accord avec vous, c’était il y a longtemps. Très, très, très longtemps…

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Mon Festival de Jazz en quatre temps:

– Tami Neilson: Je m’attendais au show de l’année. Probablement que j’avais placé la barre trop haut. Et en plus, y mouillait. Je signale toutefois que mes confrères et amis ont trouvé ça fantastique. Finalement, le problème, c’était peut-être moi. Je vais me reprendre en octobre au Club Soda.

– King Crimson: Ce soir-là, dans une salle Wilfrid-Pelletier qui avait toutes les allures de la section prog du défunt Sam the Record Man, les têtes grises ont été comblées. Fripp est plus Fripp que jamais, Levin est toujours aussi bon et les trois batteurs (oui oui, vous avez bien lu…) m’ont littéralement sorti de mes godasses.

– Bill Frisell: Mon moment du Festival 2017. Le guitariste le plus cool sur la planète a encore une fois été parfait. Un spectacle de presque deux heures qui est passé à la vitesse de l’éclair.

– Harry Manx: Je vous ai déjà dit tout le bien que je pense de son dernier album Faith Lift et à quel point j’ai été conquis par son spectacle du printemps à Laval avec le Quatuor Esca. Ben, si ça se peut, l’autre soir au Monument-National, c’était encore meilleur. On lui décerne d’ailleurs le prix de la meilleure joke du Festival: «Ne croyez surtout pas que le bluesman est quelqu’un qui file un mauvais coton. La vérité, c’est que le bluesman fait toujours le maximum pour s’assurer que tous les autres filent un mauvais coton.»… Exquis.

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