Ryan Remiorz | La Presse canadienne Denis Coderre durant la fin de semaine de Formule E

Maintenant que la course de Formule E est chose du passé, alors qu’on procède au démontage de ces installations qui ont tant fait rager, que fera-t-on de nos récriminations et autres questions laissées en suspens depuis des mois? Nous répondra-t-on qu’on s’en est fait pour rien puisque l’événement sportif a été couronné de succès? Que les gradins étaient bondés par des spectateurs – payants ou non – qui avaient des sourires larges comme des bananes? Que les ventes d’autos électriques ont grimpé de 0,0001% sur le territoire de Montréal au lendemain de l’épreuve? Et quoi encore? Peuvent bien dire ce qu’ils veulent au royaume des jovialistes, reste maintenant à attendre avec impatience le montant des factures finales. Parce qu’on doit parler de factures au pluriel: la première étant celle qui sera refilée aux contribuables. Et l’autre, plus politique, qui sera débitée directement du compte du maire Coderre.

Denis Coderre est un homme d’action qui a-d-o-r-e être le centre d’attraction. Ici, on n’apprend rien à personne, le principal intéressé l’admet lui-même sans ambages et sans la moindre gêne. Adepte de la microgestion – de là son omniprésence –, il se réclame de l’héritage laissé par ses prédécesseurs Camillien Houde et Jean Drapeau. Le premier pour son caractère populo-populiste et le second, pour son insatiable appétit de grands projets. Sauf qu’il semble avoir oublié deux ingrédients qui furent essentiels aux succès politiques de ces vieux modèles, à savoir: conserver la confiance de l’électorat et disposer de l’appui inconditionnel des petits commerçants. Au cours des derniers mois, et manifestement au cours de la dernière semaine, Denis Coderre a nettement été à court de ces deux éléments essentiels. En faisant fi de la colère des commerçants et en étant arrogant comme jamais dans ses interventions publiques, il a probablement grugé une bonne part du capital de sympathie qu’il avait accumulé au cours de son premier mandat à la mairie. Jadis, Drapeau-l’autocrate a certes été un homme autoritaire et têtu comme une mule, mais jamais il n’a fait montre d’autant d’arrogance envers ses concitoyens. Jamais. Je me permets d’ajouter que Jean Drapeau a toujours été accompagné par quelqu’un de fort dans l’exercice de ses fonctions. Des hommes comme Lucien Saulnier et Yvon Lamarre, qui prenaient en charge l’aspect administratif de la Ville pendant que Monsieur Montréal, lui, s’adonnait aux plaisirs de la démesure. Dites-moi : qui est celui ou celle qui a le pouvoir de tirer le frein d’urgence quand la machine à Coderre s’emballe? Personne. Qui donc est là pour lui dire que sa comparaison entre la réalisation d’Expo 67 et l’enjeu du Grand Prix de Formule E du week-end dernier est d’une incommensurable mauvaise foi et que d’établir un parallèle aussi grotesque est une insulte à l’intelligence du plus demeuré des primates? Toujours personne.

Aux prochaines élections municipales, Denis Coderre n’a pas à craindre d’être mis à l’écart par l’électorat montréalais et il le sait fort bien. Peut-être que les choses auraient tourné différemment si les mili­tants de Projet Montréal avaient choisi Guillaume Lavoie plutôt que Valérie Plante comme leader de leur formation. Mais bon, on ne refera pas ce qui est fait.

Avec son Grand Prix de Formule E, Denis Coderre a clairement un peu perdu les pédales. J’ai juste hâte de voir comment il va s’organiser avec le paiement des intérêts qui vont venir avec l’hypothèque politique qu’il vient de contracter.

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À compter de ce jeudi, et ce, jusqu’au 3 septembre, le Théâtre Outremont redeviendra la salle de cinéma de ses beaux jours en présentant un programme de films de répertoire concocté par l’unique Roland Smith.

De La nuit américaine de Truffaut à Orange mécanique de Kubrick, en passant par Citizen Kane, Harold et Maude, Manhattan, Vertigo, La dolce vita, Un zoo la nuit et une autre quarantaine de classiques qu’on ne visionnera jamais assez, voilà l’occasion rêvée de venir faire le plein de bonnes vues sur les lieux mêmes où plusieurs cinéphiles ont découvert leur passion. J’en suis.

Pour la programmation détaillée, pitonnez le theatreoutremont.ca. Bien hâte de vous y croiser.

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• Après 17 saisons à Montréal, le grand Larry Robinson a terminé sa carrière à Los Angeles.
• Serge Savard, quant à lui, a joué ses derniers matches à Winnipeg.
• Guy Lapointe, l’autre tiers du Big Three, a complété sa carrière à Boston après avoir été échangé à St. Louis.
• Jean-Claude Tremblay a joué avec les Nordiques de Québec de l’AMH pendant sept ans après avoir été, pendant des années, le meilleur défenseur du CH.
• Chris Chelios a joué pour Chicago et Détroit après s’être fait botter le cul hors de Montréal.
• Le capitaine Doug Harvey a joué pour les Rangers, les Wings et les Blues après son départ de Montréal.

Tous ceux-là furent de très grands défenseurs. Pourtant, ils ont tous joué ailleurs après nous avoir offert de brillants moments dans l’uniforme du Canadien. Comme dirait l’autre, ce sont des choses qui arrivent dans les meilleures familles. Même à Andreï Markov. On lui souhaite la meilleure des chances dans la KHL et on le remercie pour toutes ces belles années. (Note à nous autres: faudrait quand même pas devenir fou avec le départ d’un athlète qui aura bientôt 39 ans…)

@menardradio

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