The Associated Press

Lundi matin, 4h. Je rentre à la maison après avoir fait mon quart de nuit à la radio. Vers la fin de l’émission, on m’a appris qu’une fusillade avait éclaté sur la grande Strip de Las Vegas. Du haut d’un hôtel tout en dorure et kitsch comme on les aime là-bas, des centaines de projectiles avaient été tirés sur une foule compacte rassemblée pour un show de country. Sur le web, les rumeurs les plus folles circulaient. On parlait de dizaines de morts et de quelques centaines de blessés. Dans la capitale mondiale de la démesure et de l’horreur consommée, ces deux mots venaient de prendre une tout autre signification.

À mon réveil, après une très courte nuit de sommeil – voyez-vous, j’ai plutôt mal dormi… – j’ai pris connaissance du sombre bilan. Dans cette ville où le faux l’emporte systématiquement sur le vrai, la réalité venait de frapper fort. Encore.

Bien sûr, on sait d’ores et déjà que les défenseurs du port d’armes chez les civils affirmeront énergiquement que cette tuerie n’a rien à voir avec ce principe d’autoprotection qui leur est si cher. Bien sûr. Rien qu’à voir, on voit bien…

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Dimanche après-midi, en regardant les infos pour voir ce qui se passait du côté de la Catalogne, je me demandais comment des policiers étaient capables d’autant de violence envers des citoyens qui se prévalaient simplement de leur droit de vote. Vous les avez vus, les coups de pied en pleine face, les descentes de matraque dans le dos et les tirages de tignasses? Des salauds, il n’y a pas d’autres mots.

Étrangement, quelques jours plus tôt, en regardant la série The Vietnam War de Ken Burns, je m’étais posé exactement la même question en écoutant le récit de ces jeunes Américains sans histoire, âgés tout au plus de 19 ou 20 ans, qui avaient été transformés en véritables machines à tuer dans le cadre d’un conflit tout aussi absurde que surréel.

On aura beau me dire que les policiers de Madrid et les soldats américains obéissaient aux ordres venus d’en haut, il n’en demeure pas moins qu’il y a un bout de la nature humaine qui m’échappera toujours.

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La «performance» que nous a offerte Mélanie Joly au cours des derniers jours fut rien moins que consternante. De mémoire de vieux bouc, j’ai rarement vu quelqu’un aussi mal défendre un dossier sur la place publique. Pour reprendre une expression chère au regretté Pat Burns, à chacune de ses entrevues à propos de Netflix, j’ai eu l’impression que la ministre partait à la chasse à l’ours avec un couteau à beurre!

Cela dit, il n’y a rien de pire que d’être pogné pour défendre l’indéfendable. Parce que pognée, elle le fut. De toutes parts. Pognée à expliquer quelque chose qui dépassait sa compréhension du dossier, pognée à expliquer le pourquoi d’un congé de taxes en s’accrochant après une pile d’exemples délirants, pognée avec des interlocuteurs qui en savaient plus qu’elle sur la question. Et, surtout, pognée à jouer une cassette formatée par une cohorte de marketteux de la politique qui croient que les masses vont toujours tout gober.

Au Panthéon de la nullité, cet épisode gênant restera au sommet pour longtemps.

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Mes salutations à Tom Petty. À la fin des années 1970, son album Damn the Torpedoes avait fait de moi un fan inconditionnel du monsieur. Tantôt, je vais le réécouter. Dans ma tête et dans mes oreilles, j’aurai 18 ans. La musique est faite pour ça.

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