L’être humain est un animal. Vous avez des doutes? Accordez-lui la moindre parcelle de pouvoir et vous constaterez qu’il s’organise généralement plutôt bien avec les codes qui régissent la loi de la jungle. Sauf que l’humain, contrairement aux bibittes poilues qui se déplacent à quatre pattes, ne dévore pas ses proies quand celles-ci sont repoussées dans leurs derniers retranchements: il en abuse.

Ces abus existent sous de nombreuses formes. Ça va de la sympathique tape sur l’épaule qui descend un peu trop vers le bas à l’agression pure et simple dans le fin fond de la ruelle. Ça part du compliment décidément très familier au commentaire carrément déplacé. Ça se passe dans des partys de famille où le mononcle impose à sa nièce de sept ans une séance de ti-galop qui se prolonge sans fin ou dans des partys de bureau où le p’tit boss un peu paqueté croit que son statut lui permet de se comporter comme s’il disposait d’un droit de vie ou de mort sur son personnel. L’humain a beau se croire plus brillant que le reste des êtres vivants sur la planète, il peut souvent manquer de subtilité dans ses agissements. À ce moment-ci, je suis sûr que les exemples font une tempête dans votre cerveau.

Lundi, toute la journée, j’ai vu passer des «#moiaussi». Toute la journée, j’ai pogné de quoi. Parce que ce n’était plus des vedettes d’Hollywood en papier glacé qui décidaient de sortir du placard. C’était des amies, des collègues et de parfaites inconnues qui décidaient de cracher le morceau. Oui, cracher, comme dans crachat.

C’était une journaliste qui racontait la fois où un humoriste (!) avait frappé trois gros coups de poing sous la table pendant son entrevue pour lui signifier qu’elle le faisait bander. C’était une copine styliste en déco qui avouait préférer travailler de la maison plutôt que d’aller se faire dire des conneries sur les chantiers. C’était mon amie Catherine qui racontait son édifiante rencontre avec Gérard Depardieu qui l’invitait sans plus de formalités à sa chambre parce qu’il avait envie de la baiser. «Sur le dos» qu’il avait bien pris soin de spécifier, son lumbago le faisant terriblement souffrir, voyez-vous…

Lundi, c’était ça. Et dimanche, c’était Woody Allen – un cinéaste souvent génial doublé d’un homme qui n’en finit plus de me décevoir – qui se disait attristé par l’affaire Weinstein. Triste pour les victimes et triste «pour son ami Harvey qui vient de voir sa vie bouleversée». Je n’en rajouterai point. Sale con.

Et avant ça, c’était un candidat à la présidence des États-Unis qui se disait tellement sans défense devant les femmes qu’il n’avait d’autre choix que de «les prendre par la chatte». Pour votre info, l’homme a néanmoins été élu président par la suite. Et auparavant, c’était Bill Cosby, l’incarnation même du bon papa des Amériques, qui avait été accusé par des dizaines de femmes, tour à tour droguées et violées. Et plus près de nous, c’était maître Marcel qui se promenait en boxers dans son bureau devant ses assistantes…

Sans parler des autres. De tous les autres. De ceux qui ne feront jamais les premières pages et qui resteront anonymes. Cachés pour toujours dans la mémoire de celles qui sont incapables de les oublier.

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La réaction spontanée de la semaine à la radio: Mario Langlois qui réplique avec un «j’en r’viens pas» bien senti au président des Alouettes qui lui confirme le retour de Kavis Reed dans la chaise du directeur général. Jouissif.

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Si c’est permis, je profiterais de cette tribune pour donner une petite leçon de billetterie à Denis Coderre qui semblait bien mal pris l’autre soir à Tout le monde en parle quand on lui a demandé combien de billets de faveur avaient été distribués gratuitement lors du Grand Prix de Formule E.

Alors voilà :

– Il s’agit de prendre le chiffre de l’assistance présente (le maire parle lui-même de 45 000 spectateurs).

– On soustrait le nombre de billets dûment vendus à plein prix (le producteur evenko a ce rapport en main depuis le dimanche 30 juillet au soir).

– Et TA-DAAAAAM, le résultat de cette opération mathématique fort complexe nous permettra de connaître très exactement le nombre d’invités qui ont assisté à l’événement sur le bras.

Donc, allez-y Monsieur le maire! Il reste 19 jours avant les élections et si vous n’avez pas le temps de vous astreindre à cette tâche fastidieuse, je suis sûr qu’il y a quelqu’un-quelque part dans le bureau qui pourra vous calculer ça sans trop de mal.

@menardradio

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