Journal Métro

L’outrage de Mononc’ le juge

La semaine dernière, vous avez probablement entendu parler de l’«honorable» juge Jean-Paul Braun, de la Cour du Québec. C’est lui qui, pendant un procès pour agression sexuelle impliquant une ado âgée de 17 ans et un chauffeur de taxi montréalais qui avait le triple de son âge, s’est mis à deviser sur l’art de la séduction. Sur le consentement non nécessaire quand vient le moment de donner un simple baiser, sur le côté fleur bleue des innocentes jeunes femmes, et patati et patata… Vous voyez le genre? Un emmerdeur de classe mondiale.

Comme si ça ne suffisait pas, le distingué homme de loi s’est également permis de souligner que la victime, bien qu’affichant un certain surpoids, avait malgré tout un bien joli visage! Il a ensuite ajouté qu’elle avait probablement été flattée qu’un homme puisse enfin s’intéresser à elle, malgré tout. OK, j’arrête…

Même si, au terme du procès, l’agresseur a dûment été reconnu coupable d’avoir embrassé de force la jeune femme, de lui avoir tâté la poitrine et d’avoir tenu des propos à connotation sexuelle, il va sans dire que les propos de l’«honorable» ont de quoi glacer le sang.

Tu fais quoi quand ton sort – et celui de ton agresseur – repose entre les mains d’un mononc’ qui se prend pour un grand philosophe? Tu te fies à qui pour avoir droit à un minimum de respect et de dignité? J’ose à peine imaginer ce que la jeune femme a pu vivre en cour avec un pareil cirque.

En attendant, le Conseil de la magistrature a pris note des agissements et des propos du juge Braun. Et si ce dernier est reconnu coupable d’une faute dans l’exercice de ses fonctions, on lui servira une réprimande. Oui, mes amis, une réprimande! Ayoye, on rit pus…

Comme dirait l’autre, la loi, c’est la loi. Il s’agit seulement de savoir si tu flottes au-dessus.

***

Qui aurait dit, il y a de cela à peine quelques mois, que Valérie Plante allait devancer Denis Coderre dans les sondages à moins d’une semaine du grand scrutin municipal? Sûrement pas moi. Et probablement pas vous non plus. Rendons hommage à la dame, qui a littéralement envahi le terrain depuis quelques semaines, contrairement au maire sortant, qui a vraisemblablement cru que son affaire était ketchup pour un deuxième mandat.
Puisqu’on ne se reparlera pas d’ici le grand vote de dimanche, je me questionnerai quand même sur deux aspects vitaux de cette campagne:

1- On ne sait toujours pas comment serait financé et combien coûterait le projet de l’éventuelle ligne rose dans le métro proposé par Valérie Plante. On parle ici de milliards de dollars. Pour le moment, ce que l’aspirante mairesse nous rabâche inlassablement, c’est qu’il y a de l’argent disponible quelque part et que, quand on veut, on peut. Pardonnez-moi, mais je trouve ça relativement primaire pour une femme qui aspire à la plus haute fonction municipale.

2- Histoire de ne pas mal paraître avec sa patente de Formule E, Denis Coderre a choisi le mutisme. C’est là une attitude sans précédent qui ne lui convient absolument pas. Je me demande si un aveu d’échec clair et sans équivoque de sa part ne lui aurait finalement pas fait moins de tort. Là, il est comme un peu tard pour faire marche arrière…

***

Mon gala de l’ADISQ en cinq points:

– Pour une douzième fois, et avec un enthousiasme qui ne se dément pas, Louis-José Houde a encore été plus qu’excellent à l’animation.

– L’hommage à Leonard Cohen – avec Richard Séguin, les Sœurs Boulay, Patrice Michaud, Vincent Vallières et tout le parterre de choristes – m’a littéralement jeté sur le cul. Un grand moment d’émotion.

– Les grands prix de la soirée remis à Safia Nolin et Patrice Michaud nous indiquent que le contenu a indiscutablement pris le dessus sur la forme dans notre chanson. Et c’est parfait ainsi.

– Cette année plus que jamais, je dois souligner le superbe travail d’Yves Lefebvre à la mise en scène et de Jocelyn Barnabé à la réalisation-télé. Brillant sans être clinquant, spectaculaire sans être lourd. Bravo.

– Et que dire des salutations de Serge Postigo pour ses équipières et équipiers de Juste pour rire, tout ce beau et bon monde qui se retrouve bien mal pris dans la foulée de l’affaire Rozon. En quelques phrases, Postigo a fort bien illustré la précarité d’emploi des pigistes et autres travailleurs du monde de la culture. Toujours à «ça» d’une débarque.

@menardradio