Ces derniers jours, j’ai beaucoup réfléchi à ce qu’il est maintenant convenu d’appeler l’«affaire Sicotte». Pas à cause de la place que la chose a prise dans l’actualité (quelle hérésie!) mais bien parce qu’elle m’a ramené à mes années d’étudiant. À ces temps d’apprentissage où on n’est pas toujours le mieux équipé pour faire face à ce qui ne nous ressemble pas, à ce qui vient nous chercher un peu trop loin par en dedans.

Aussi bien le souligner d’emblée: je ne connais pas personnellement Gilbert Sicotte et je n’ai jamais assisté à ses ateliers au Conservatoire d’art dramatique. Donc, impossible pour moi de mettre en doute ses qualités de passeur ni d’évaluer la teneur de ses humeurs. S’il avait été mauvais coach, j’ose croire qu’on ne l’aurait pas gardé en poste depuis une trentaine d’années. Cela étant dit, je n’ai pas la moindre difficulté à imaginer qu’il ait pu être bête comme ses pieds à ses heures avec certains étudiants. En anthropologie professorale, ils appellent ça l’imperfection de l’humain. Et c’est un phénomène assez courant merci.

J’ai déjà eu Pierre Bourgault comme prof. Je l’ai trouvé d’une indiscutable compétence. Même s’il y a des jours où, je vous jure, il eût été plus agréable de l’envoyer pagayer seul sur un radeau en plein tsunami. Il était comme ça, Bourgault. Quand il évaluait nos travaux, il pouvait passer en quelques secondes de l’individu le
plus adorable sur Terre au plus cruel des hommes.

L’un venait avec l’autre et on ne pouvait jamais trop savoir lequel des deux allait parler en premier. C’était totalement déroutant, mais bon, il fallait faire avec. Certains en étaient capables, d’autres pas. Parce qu’il est là, le vrai problème : dans la capacité qu’on développe à dealer avec ces personnages souvent particuliers qui enseignent avec leur propre mix de science et de tripes. Ça donne parfois des mélanges explosifs et les dommages peuvent être dévastateurs chez certains éléments plus sensibles.

Dans les groupes de Pierre Bourgault comme dans ceux de Gilbert Sicotte, il est clair qu’au même endroit, au même moment, des étudiants ont pu tirer des leçons parfaitement différentes à partir des mêmes enseignements.

Ce n’est pas tout le monde qui voit venir le ballon de la même manière. Certains l’attrapent, d’autres le reçoivent en pleine gueule.

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Quand Marc Bergevin a pris la barre du Canadien en mai 2012, j’ai tout de suite aimé son attitude, sa franchise et ce brin de désinvolture qui annonçait enfin des jours meilleurs pour nous, dévoués partisans des trois couleurs. Faut dire qu’après les règnes des «sympathiques» Pierre Gauthier et Bob Gainey, même la nomination d’un mur de brique comme directeur général aurait allégé l’atmosphère.

Depuis ce beau jour d’il y a un peu plus de cinq ans, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Et quelques gros noms sont partis avec le courant. Aujourd’hui, Marc Bergevin n’est plus l’ombre du gars qu’il faisait bon voir à son arrivée. L’air bête est maintenant vissé en permanence, le ton est sec et le respect pour l’intelligence des fans se résume à la seule distinction à faire entre le haut du corps et le bas du corps.

Dommage pour lui et encore plus dommage pour nous : j’avais cru naïvement que les choses avaient changé…

***

Je suis passé par deux fois au Salon du livre de Montréal en fin de semaine. Que de monde, mes amis, que de beau monde! Chaque année, la fête du livre se fait toujours plus belle. Suggestion pour l’an prochain : qu’on donne le titre de porte-parole officiel du salon à l’auteure et animatrice Claudia Larochelle, sans conteste la meilleure «pusheuse» de lecture au Québec.

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