Je passe une grande partie de mon temps assis à mon ordi. Écrire, c’est comme ça que je gagne ma vie. Je ponds des chroniques, je transcris des notes pour la radio, je réponds à mes courriels, je perds (trop souvent) mon temps sur Facebook… J’écris des concepts d’émissions que vous ne verrez jamais, je commence des romans qui resteront inachevés. J’écris plein de trucs que je n’avais pas besoin d’écrire avant mais que j’ai maintenant peur d’oublier, vu mon âge qui pousse et le temps qui se pousse. J’écris beaucoup et, parfois, j’en ai mal aux doigts.

Ce matin, en me levant, il y avait dans ma tête une tonne de sujets sur lesquels j’avais quelque chose à dire, et chacun d’eux aurait pu meubler à lui seul notre rendez-vous hebdomadaire. J’aurais pu revenir sur la supposée suspension du chef de police de Montréal et me demander comment il se fait qu’on ait laissé une telle situation pourrir aussi longtemps. Par la même occasion, j’aurais pu me demander pourquoi, tant qu’à faire le ménage, on a tout d’abord offert son remplacement à deux de ses très proches collaborateurs…

J’aurais pu me questionner sur le véritable désir de Carey Price et de Max Pacioretty de continuer à jouer pour les Canadiens. Sur cette envie qui apparaît de plus en plus claire de décr… ailleurs au plus sacrant. C’est l’impression qu’ils donnent, en tout cas. Pour les punir, on devrait les échanger à Winnipeg, juste pour leur faire comprendre que Mont-réal est une maudite bonne ville pour être aimé quand on s’en donne la peine.

J’aurais également pu m’attarder sur les généreuses annonces du gouvernement Couillard moins d’un an avant le prochain scrutin. Tu parles d’un adon. Diminution des taxes scolaires, combat contre la pauvreté, c’est quasiment trop beau pour être vrai. Sauf que, pardonnez-moi mon insolence, c’est quand même étrange de voir l’austère shérif de Nottingham se transformer comme par enchantement en Robin des Bois.

J’aurais pu vous dire que l’annonce de la fusion entre Québec solidaire et Option nationale me fait autant d’effet que si on m’apprenait que Noël et le jour de l’An allaient encore tomber dans le temps des Fêtes cette année.

J’aurais pu prendre position sur l’affaire du «bonjour hi», mais puisque je suis incapable de me brancher entre la frayeur totale et l’indifférence crasse à propos de cette histoire tissée de mauvaise foi de part et d’autre, je vais me retenir.

J’aurais pu revenir sur l’excellent travail de François Morency – un bon monsieur –, qui s’est une fois de plus retrouvé à la barre d’un autre Gala des Olivier qui tanguait de tous bords tous côtés avant même qu’on ne déroule le tapis rouge. Dans le même ordre d’idées, j’aurais pu me réjouir d’avoir rigolé aux bons gags des présentateurs et présentatrices de la soirée. Ça faisait changement des leçons de rectitude grotesques que certains comiques en déficit de crédibilité nous infligent à répétition. On ne les nommera pas : j’ai toujours un peu peur quand ils se fâchent. Sans compter que c’est très mauvais pour mon vieux cœur…

J’aurais pu vous parler du président fou d’en bas, mais j’ai eu peur de briser les touches de mon clavier si je revenais à nouveau sur le sujet. Difficile de garder son calme quand il est question d’un individu qui appuie un présumé pédophile qui se porte candidat au Sénat.

J’aurais également pu vous faire savoir que dans mon échange de cadeaux, je désire un Lite-Brite. Et une boîte de Turtles pour atteindre le montant fixé.

Enfin, j’aurais pu vous dire que lundi, jour où j’écris le billet que vous lisez présentement, ils annonçaient une grosse bordée de neige pour la journée de mardi à Montréal. Mais puisque vous avez probablement déjà les deux pieds dedans jusqu’aux genoux, je vais vous épargner.

Aujourd’hui, il n’y aura pas de chronique. Juste des mots écrits, bien assis à mon ordi.

@menardradio

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