C’est l’histoire de l’homme. En fait, c’est l’histoire de quelques hommes capables d’hommerie. Dépêchés par Oxfam en Haïti à la suite du tremblement de terre de 2010, ces hommes ont décidé de fuir l’horreur tout en faisant contre mauvaise fortune bon cœur en ayant recours aux services de jeunes prostituées, le temps d’une partouze bien arrosée. Y a rien de tel que le chaos pour se croire tout permis. Et y a rien comme une mission humanitaire pour voir jusqu’où l’être humain est capable de repousser les limites de ce qui se fait et de ce qui ne se fait pas. À ce chapitre, l’homme vous étonnera toujours, vers le haut comme vers le bas.

Je disais donc que des boys d’Oxfam ont eu recours à des travailleuses du sexe pour se changer les idées pendant leur mission de secours. Dans des chambres payées par cet organisme humanitaire, de surcroît. Je me souviens encore des campagnes de financement et du gros téléthon auxquels nous avions participé, renversés que nous étions par l’ampleur de la catastrophe dans ce pays déjà fort poqué. Depuis ce temps, je me suis souvent demandé ce qu’on avait fait de nos dons. Maintenant, je le sais un peu. Pas beaucoup, mais c’est en masse.

C’est juste assez pour savoir que le pire des abus là-dedans n’a pas été commis par les twits qui ont profité de nos largesses pour se taper un party sur notre bras. Non, le pire des vols a été commis par les dirigeants de l’organisme qui, mis au courant de l’affaire en 2011, ont attendu jusqu’en 2018 pour s’excuser et s’expliquer. Sept ans à espérer que rien ne sorte dans les médias. Sept ans à vouloir régler ça «à l’interne» parce que, après tout, ça ne nous regardait pas. Nous, on avait joué notre rôle en envoyant de l’argent; le reste, ça leur appartenait. Bande de cons : tout finit toujours par se savoir.

Je ne dis pas qu’on devrait fermer Oxfam. Je ne dis pas non plus qu’on ne devrait plus jamais contribuer aux bonnes œuvres. Je ne dis rien de tout ça. En fait, je ne dis rien, parce que je ne sais juste plus quoi dire.

Ce que je sais, c’est qu’encore une fois, je me suis fait voler un autre bout de naïveté. Moi qui n’en avais déjà plus beaucoup, je commence à me faire peur…

Y a rien de tel que le chaos pour se croire tout permis.

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On vient tout juste d’apprendre que le gouvernement Couillard investira 8,6M$ en santé d’ici le 31 mars prochain. On rit pus! Tout ça à 8 mois des prochaines élections. Non mais y sont-tu assez fins, rien qu’un peu?

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Le comble de l’horreur, on l’a vécu samedi soir au Centre Bell pendant l’hymne national. Sur la ligne bleue du côté de Nashville, il y avait P. K. Subban. Et de l’autre bord, juste en face, Joe Morrow… Pas mêlant, quand j’ai vu ça, le cœur m’a manqué.

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Hier matin, un ami s’est demandé pourquoi les athlètes mordent toujours dans leur médaille quand vient le temps de se faire prendre en photo. L’explication est toute simple.

Dans l’Antiquité – c’était bien avant les tests de dopage! –, l’usage voulait qu’on morde les athlètes après une victoire pour savoir s’ils étaient bel et bien humains, tant leur performance dépassait l’entendement.

Ensuite, lors des grandes famines, on s’est mis à mordre celui qui, dans l’assistance, était le plus gras. Juste pour le fun.

Finalement, on a commencé à mordre directement dans la médaille pour compenser un manque de fer causé par un si grand effort physique.

Voilà: maintenant, vous savez tout. Ne posez plus de questions pareilles.

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À propos des Jeux olympiques, permettez-moi de saluer respectueusement les analystes en poste à Pyeongchang pour le compte de la télé de Radio-Canada. Leur expertise, leur enthousiasme et la qualité de leur français sont remarquables. On leur décerne d’emblée une médaille d’or.

Dans un autre ordre d’idées, très loin du podium, on rappelle au distingué Alain Goldberg – l’éternelle pie jacasseuse du patinage artistique – que le silence est d’or. Son poignant récit sur la triste fin de vie d’Édith Piaf pendant une perfo l’autre soir se voulait probablement une autre démonstration de sa formidable érudition, sauf que ça nous a complètement empêchés d’apprécier le numéro qui nous était offert. (#taisezvous)

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Vue: la pièce L’homme éléphant, qui est présentée jusqu’au 4 mars au Rideau-Vert. On souligne les performances de Benoit McGinnis (brillant), Sylvie Drapeau (touchante) ainsi que de David Boutin (fort juste) qui s’en sortent mieux que les autres dans une mise en scène relativement sèche et drabe.

Ajoutez à cela l’impérissable souvenir du grand film de David Lynch de 1980 qui écrase cruellement toute comparaison et l’ensemble vous donnera une soirée de théâtre qui obtient tout juste la note de passage. La proposition était séduisante mais au final, je m’attendais à plus. Probablement à trop…

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