Sean Kilpatrick/La Presse canadienne Justin Trudeau en Inde

Vous vous souvenez du personnage d’Ovide dans le film Les Plouffe, de Gilles Carle? Portant fièrement le béret, il rêve à la France et à toute cette culture qui lui échappe cruellement, emprisonné qu’il est dans ce milieu ouvrier qui le tire inexorablement vers le bas depuis sa naissance.

Dans une scène totalement surréaliste, Ovide décide de mettre en scène une soirée d’opéra dans le salon familial, question d’afficher une fois pour toutes sa supériorité par rapport au reste de son clan. Drapé de la plus belle nappe de sa mère, Ovide pousse la note nettement au-dessus de ses moyens lyriques et fait un fou de lui. En un rien de temps, il voit son rang dégringoler du plus grand au plus petit. L’épisode est d’une cruauté inouïe.

Le récent voyage de Justin Trudeau en Inde m’a justement fait penser à cette scène d’anthologie de notre cinéma. Parti à l’autre bout du monde avec des malles remplies de belles parures et de costumes bordés de dorures, la tête débordante de belles intentions, le roi, sa femme et leurs petits princes ont totalement loupé leur opération de charme. Plus raté que ça, tu essaies de marcher sur les eaux du Gange… Du haut de ses ambitions diplomatiques, le nouveau dandy des médias étrangers a pris une céleste débarque.

Nous, ça fait déjà un bout de temps qu’on voit aller notre Justin. On commence à être habitués à ses selfies, aux costumes de Superman, à ses chaussettes de Chewbacca et à toutes ses bouffonneries qui ne font pas très sérieux pour un homme de son âge et de son rang. Tant que ça se passe chez nous, en famille, on veut bien, mais là, rendu à l’international, mettons que les écarts du monsieur passent à un autre registre. Devant tant de légèreté, le vide paraît toujours.

Quand je pense qu’on a déjà eu honte de Stephen Harper, qui avait raté la photo de groupe au Sommet du G20 de Londres en 2009 parce qu’il avait dû se rendre de toute urgence au petit coin, disons que c’est un très menu détail quand on compare ça à l’embardée ahurissante de notre Ovide national au pays de Gandhi.
Certains voyages de ressourcement finissent par nous faire voir des niveaux d’inconscience insoupçonnés.

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Le lendemain des Jeux olympiques me tombe toujours dessus comme une douche froide. Finie, la fierté nationale. Finis, les reportages en direct au beau milieu de la nuit qui m’ont fait croire, l’instant d’un moment, que c’est moi qui fonctionnais selon un horaire normal. Finie, mon expertise en curling.

À la télé hier après-midi, alors que j’écrivais ma chronique, ils repassaient des épisodes de Terre humaine et de Virginie. Même mon chat Jean-Charles s’emmerde.

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Parlant d’ennui… la date limite des transactions dans la LNH nous aura encore permis d’atteindre des sommets de remplissage de temps d’antenne sur les chaînes sportives. Dix heures d’émissions spéciales en direct pour un volume d’activité qui aurait fort bien pu meubler un segment de 30 minutes aux bulletins de nouvelles. Mes respects aux animateurs et analystes, à chaque année, je me demande comment vous faites.

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Rien qu’à voir, on voit bien que les choses tournent rondement pour Martine Ouellet à la tête du Bloc québécois. On voulait une rassembleuse, on l’a! Sauf que personne n’aurait pu croire qu’elle allait rassembler autant de monde contre elle en si peu de temps.

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Jean-François Lisée n’en finit plus de nous présenter ses successeurs potentiels. Après la promotion de Véronique Hivon, c’était maintenant au tour de Jean-Martin Aussant de reprendre sa place dans le bateau. Parti comme ça, j’ai l’impression que PKP ne sera pas long à lever la main. Ou le poing, c’est selon. Sauf que lui, pas très porté sur l’agenda des autres, il n’attendra sûrement pas l’invitation du chef pour faire connaître ses intentions. Quand t’es un gars d’équipe…

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