Pas moyen d’avoir la paix. Je ne parle pas de la sainte paix (vraiment pas le moment…), juste de la petite paix plate et ronronnante. Suffit d’un imam sorti d’on ne sait où pour que tout bascule et hop, nous voilà repartis pour un autre tour de manège.

Ce que l’on retiendra de toute cette histoire, c’est que n’importe qui – peu importe sa crédibilité – peut voir tous les projecteurs se braquer en sa direction et disposer de ces fameuses 15 minutes de gloire ou d’attention qu’il aura tant souhaitées. En débitant une enfilade d’âneries venues d’un autre siècle qui n’ont rien à voir avec notre réalité, l’imam qui voulait s’établir dans l’est nous a démontré que la liberté de parole pouvait aussi nous permettre d’identifier instantanément un être clairement à côté de ses pompes. Ou plutôt de nos pompes. Pour cela – mais seulement que pour cela, par exemple –, on l’en remercie.

Soulignons également l’intervention de Denis Coderre, celui qui nous informait justement le jour de son élection qu’il y avait désormais «a new sheriff in town». Un shérif qui botte le cul de l’intrus hors du village afin de protéger la quiétude de ses concitoyens. Dans le cas qui nous concerne, c’est e-x-a-c-t-e-m-e-n-t ce que le maire a fait : se tenir debout devant l’indésirable et chasser l’indésiré.

En qualifiant cet imam «d’agent de radicalisation», Coderre a choisi des mots clairs et sans équivoque pour définir le profil de l’individu. Pas de bémol ni de conditionnel, un chat est demeuré un chat. Des wanna be en quête d’émotions fortes prêts à épouser n’importe quelle cause, comme aurait pu en attirer l’imam Chaoui dans son petit local, on en a déjà vu. Sur la colline parlementaire à Ottawa, en octobre passé, comme à Saint-Jean-sur-Richelieu tout juste avant. On en retrouve aussi dans toutes les organisations criminelles dûment accréditées. Des ti-culs prêts à se vouer à n’importe quoi pour se sentir enfin valorisés et trouver un semblant de sens à leur vie plate. Ce qui fait que celui qui agira pour enrayer toute tentative de faire de la ville un refuge pour les têtes chaudes disponibles et prêtes à adhérer à n’importe quoi mérite notre appui.

À ceux qui reprochent au maire de Montréal d’intervenir dans un champ d’autorité qui n’est pas nécessairement le sien, je me permets de répondre que j’aime cent fois plus voir un élu imbu de la responsabilité qui lui fut accordée faire un pas en avant plutôt que de revivre les années de «mauvietisme» qui ont caractérisé la précédente administration municipale.

Bien entendu, le problème n’est pas éliminé pour autant, et d’autres Chaoui suivront. Sauf que là, on a vu comment riposter : en commençant par dire N-O-N.

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À la suite du bris d’aqueduc survenu au coin de la rue Berri et du boulevard Saint-Joseph, Luc Ferrandez, le maire de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, a adressé des reproches très durs à la Ville de Montréal pour sa lenteur à passer à l’action avant que la situation ne dégénère. Avec les rues fermées, le trafic dévié vers des impasses, sans parler de la grogne qui vient avec, monsieur le maire Ferrandez a parfaitement le droit de trouver la situation insupportable. Tant d’entraves…

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Entendu: Strange Nights, le deuxième album d’André Papanicolaou, un artiste bien de chez-nous qui, dans son autre vie, joue avec tout plein de monde que vous aimez gros.   Ça sort aujourd’hui et déjà, je sais que cet album sera dans mon top 10 d’ici ET d’ailleurs de 2015.  Si je n’étais pas aussi sage, je serais même prêt à le glisser tout de suite dans le top 5…

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Environ 350 jours.  C’est le temps qu’il nous reste avant que l’on recommence à nous écœurer solide avec les maudites pubs du Super Bowl pis les non moins maudites recettes d’ailes de poulet à la n’importe quoi.  Profitez de la vie en attendant.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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