Fatiké. Pas fatigué. Fa-ti-ké comme dans fatiké mort. C’est pour ça qu’il fallait que je parte en vacances là, tout de suite. Notre hiver de merde aidant, j’ai choisi d’aller là où la présence du soleil ne surprend pas et où la chaleur ambiante est autre chose qu’un rond de poêle resté allumé trop longtemps. Quoi qu’on en pense, le resort dans le sud demeure un endroit de choix où dételer quand l’icône «à boutte de toutte» se met à flasher sur notre tableau de bord.

Pour tout dire, j’arrive de la République dominicaine. Sur les images de la page web, l’hôtel était bien beau. Dans la réalité, c’était pareil. Ou presque. Aucune surprise, hormis que les buffets sont toujours un peu plus appétissants et les plages beaucoup plus sauvages sur les photos. Sinon, mis à part ces petits détails, je le jure sur la tête de tous les goélands du ciel, tout fut conforme au plus réaliste des rêves. Rien à déclarer, absolument e-rien.

Faisait un bail que je n’avais pas mis les pieds (ou les gougounes) en République dominicaine. Le sable est doux, la mer est belle et le personnel sur place est parfois juste assez bête pour vous faire sentir parfaitement con, ce qui, quand on est touriste, semble aller de soi. Un touriste, vous savez comment c’est, ça pose toujours les mêmes questions, ça baragouine n’importe quoi, c’est toujours égaré, ça cherche les toilettes… Être touriste, c’est choisir d’abandonner d’office une partie de son standing dès le moment de la fouille.

Quand il va à la plage pour la première fois, perché sur ses deux pattes lamentablement blanches, le touriste fait un peu pitié à voir. Malgré son air faussement relax, personne n’est dupe. Suffit de regarder l’essaim de vendeurs qui lui part après pour lui refiler de tout, et surtout de rien. Des coquillages, des œuvres d’art «uniques» mais faites en série, des condos en formule time-sharing… Dans les faits, le touriste type pourrait se faire tatouer «abusez de moi» dans le front que sa faiblesse ne serait pas plus évidente. Et ne croyez surtout pas que la situation puisse s’améliorer au fur et à mesure que la semaine passe, les insolations du deuxième jour et la gueule de bois du troisième matin ne font que renforcer le statut du gringo de passage. Généralement, plus le touriste en fait pour se fondre dans la faune de son pays provisoire, plus il ressort du lot. Il n’y a pas une couche de make-up au monde qui vienne à bout du bouton le plus tenace. Et l’acné du touriste ne fait pas exception, oh que non…

Pas facile, la vie de touriste? Bah, c’est pas si pire dans le fond. Suffit de s’assumer. Personnellement, en plus de ne pas me les geler pendant sept jours, je n’ai pas entendu parler de 50 Shades of Grey une maudite fois, ce qui n’est quand même pas rien, avouez…

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Pendant que j’y suis, vous serez peut-être heureux d’apprendre qu’Elvis Gratton n’est pas mort, bien au contraire.  Je l’ai retrouvé drette-là,  «alive and well» en formule tout-inclus.  Il est maintenant devenu une femme de forte taille (à la forte voix itou…) qui a passé sa semaine au bar de la piscine et qui a rebaptisé le barman de l’endroit Ti-Pet parce que selon ses dires «ch’pas capable de dire Roberto avec mes dentiers un coup passé le 10e drink».  Ça ne s’invente pas…

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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