Les images se bousculent dans ma tête. J’ai 6 ou 31 ans. Et bientôt, j’en aurai 54.

Premier flash : 1968, je revois Jean Béliveau qui reçoit la Coupe Stanley appuyé sur des béquilles dans l’ancien Forum. Derrière lui, tout sourire, il y a Dick Duff, Claude Provost et Toe Blake. Dehors, tout de suite après, en plein samedi après-midi, la rue s’était remplie de ti-culs pour rejouer le match. Même en reprise, la victoire fut délicieuse. On n’oublie jamais sa première Coupe.

Fast-forward, 1993. Dans mon logement de la rue Sherbrooke, mes chums sont là pour voir un Canadien sorti d’on ne sait trop où planter la gang à Gretzky en cinq matches. Les «p’tits gars» à Demers venaient de nous offrir notre dernière conquête. Après le match, on était descendus dans le bout du Forum pour célébrer la victoire et j’avais évité de peu un enjoliveur de roue volant non identifié…

J’ouvre les yeux, on est rendus en 2015. Les séries débutent demain. Et s’il fallait que ça soit la bonne année? Rendu à mon âge, il est peu probable que je descende célébrer dans la rue si le Canadien se rend jusqu’au bout. D’ailleurs, je ne crois plus disposer des réflexes nécessaires pour éviter un cap de roue lâché lousse. Mais les images, elles, rien ni personne ne pourrait me les enlever.

Allez-y les boys, vous ne pouvez pas savoir ce que ça vaut dans notre coffre-fort à souvenirs. Si vous avez besoin d’un coup de main, n’hésitez surtout pas à le demander, on en a vu d’autres…

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D’ailleurs, sachez qu’on n’a pas fini de parler de hockey, vous et moi. Au lendemain de chaque match du Canadien en séries, je vais vous livrer un court billet. Loin des profondes analyses techniques, on va plutôt s’attarder à l’indice de bonheur variable de la population en tâtant l’humeur du fan au fur et à mesure que la marche vers la Coupe évoluera.

Donc, que vous soyez au bar, en file au dépanneur ou à côté de la machine à café, ne vous étonnez pas d’en voir un qui se fait aller le calepin, c’est moi qui vais prendre des notes…

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Dimanche après-midi, vers 16 h, dans une rue Sainte-Catherine Ouest inondée de soleil. Affaissée sur le trottoir, angle Crescent, une jeune femme semble bien mal en point. Une ambulance a été appelée. Vu la densité de la circulation, le véhicule d’urgence peine à se frayer un chemin. Désirant faire ma part, je demande aux automobilistes qui empêchent l’ambulance d’avancer de se tasser un petit peu, juste assez. Évidemment, tout le monde fait son effort sauf un : celui en VUS noir qui est tout juste d-e-v-a-n-t l’ambulance. Selon les dires du brillant monsieur en question, c’est pas son «hos… de problème» à lui. En prenant bien soin d’ajouter que, si je lui répète une autre fois d’avancer de six pouces, c’est moi qui vais devoir prendre l’ambulance. Oh que c’est tentant de vous donner son numéro de plaque, qui commence par 162 S… Sauf que si je le faisais, c’est moi qui serais dans la merde. Le monde est parfois si mal fait…

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